Situation actuelle de la Petite Ceinture (septembre 2016)

, par Association Sauvegarde Petite Ceinture (ASPCRF)

  Sommaire  

Quelle est la situation actuelle de la Petite Ceinture ferroviaire de Paris ? Voici un état des lieux s’appuyant sur des sources officielles vérifiables.

 Le protocole-cadre pour la période 2006-2015

Jusqu’au début de 2015, la situation de la Petite Ceinture est régie par le « protocole-cadre entre la Ville de Paris et Réseau Ferré de France concernant la Petite Ceinture à Paris » [1], signé en juin 2006 et reconduit jusqu’en 2015, alors qu’il devait expirer initialement en juin 2011.

Ce protocole décrit la situation actuelle de la ligne de la manière suivante :
« La Petite Ceinture relève des biens constitutifs de l’infrastructure ferroviaire apportée en pleine propriété à Réseau Ferré de France à sa création en 1997. Elle fait partie du réseau ferré national.

La voie est exploitée […] sur l’ensemble des sections, pour la surveillance des installations, les opérations d’entretien de la voie et de maintenance des ouvrages d’art. »

Autrement dit, les vingt-trois kilomètres situés au Nord, à l’Est et au Sud de Paris, ainsi qu’une partie de l’Ouest de la ligne, sont officiellement ouverts à la circulation ferroviaire.

L’unique section de la Petite Ceinture fermée au trafic ferroviaire indiquée dans ce protocole est le tronçon de la gare d’Auteuil-Boulogne à la gare de Passy-La Muette utilisé par le « Sentier Nature » depuis janvier 2008. Cette section est certes déclassée, mais appartient toujours au domaine ferroviaire. Elle est louée depuis 2008 par la Ville de Paris à Réseau Ferré de France. En 2014, l’achat du terrain du « Sentier Nature » par la Ville de Paris n’a toujours pas abouti, buttant sur une question de prix. Ce qui donne une idée de la difficulté pour la Ville d’acheter les vingt-trois kilomètres Sud, Est et Nord, de la Petite Ceinture, en dépit des promesses de campagne !

Notons que ce protocole n’évoque pas deux anciennes sections la Petite Ceinture déjà retranchées du domaine ferroviaire :

  1. Le tronçon de gare d’Auteuil-Boulogne à la gare du RER C du Pont du Garigliano, qui était établi en viaduc, fut déclassé à la fin des années Cinquante et démoli peu de temps après ;
  2. Le tronçon boulevard Berthier – Avenue de Clichy en surface n’est plus utilisé depuis que le RER C a été établit en souterrain à son emplacement à la fin des années Quatre-Vingt.

Par ailleurs, élément non précisé dans le protocole, le tronçon situé entre la gare de Passy-La Muette et les voies du RER C, établi en tranchée le long de la rue Émile Augier, appartient toujours au domaine ferroviaire. Il est prévu d’y établir à terme des voies de garage pour le RER C afin d’établir un terminus à la gare de l’Avenue Henri Martin pour certaines missions en provenance de Pontoise.

Ainsi, sur les 31,5 kilomètres initiaux du circuit de la Petite Ceinture, seuls environ 3,5 kilomètres ne sont plus ouverts au trafic ferroviaire.

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Petite Ceinture ferroviaire : plan de situation et correspondances possibles avec les réseaux RER et Transilien
Plus de vingt-trois kilomètres toujours utilisables pour du transport ferroviaire.

 La Petite Ceinture, une ancienne voie ferrée désaffectée ?

Rappelons les spécificités de la Petite Ceinture ferroviaire, qui la distinguent de bien d’autres voies ferrées françaises :

  • Elle est une voie ferrée située dans l’hypercentre de l’agglomération francilienne ;
  • Elle interconnecte dans Paris les lignes radiales du réseau national qui desservent les gares terminus parisiennes ;
  • Elle est une ligne de rocade qui de ce fait intercepte le relief parisien (vallées et collines) dans sa diversité, ce qui explique la présence de nombreux tunnels sur une aussi courte distance.

L’emploi des qualificatifs « désaffectée » ou « ancienne » pour la Petite Ceinture est donc faux sur les parties ouvertes au trafic ferroviaire, soit la majeure partie de l’ancien circuit de la ligne. Certes, des travaux relatifs à des opérations d’urbanisme (ZAC Seine Rive Gauche dans le 13e arrondissement, travaux de la gare Rosa Parks du RER E dans le 19e arrondissement, ZAC Batignolles dans les 17e arrondissement) obligent à couper provisoirement la voie, le temps que ces travaux soient terminés. Ces coupures empêchent temporairement la circulation de trains sur certains tronçons de la Petite Ceinture, mais ne remettent pas en cause son statut ferroviaire.

Par ailleurs, la Petite Ceinture fait l’objet depuis mars 2006 d’un entretien régulier réalisé par une quarantaine de personnes appartenant à des associations d’insertion travaillant pour le compte de Réseau Ferré de France et de la SNCF. [2]

L’objectif de ces associations est de nettoyer la plate-forme de la Petite Ceinture des déchets jetés par ceux qui la confondent avec une décharge, de maintenir dégagé de toute végétation le gabarit ferroviaire autour des voies, afin de permettre la circulation d’un train à tout moment, et d’entretenir la végétation autour des voies.

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Buddleia de David (ou arbre à papillons)


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Sachets de graines récoltées par les membres du chantier d’insertion d’Interface Formation
Graines récoltées dans les 12e et 20e arrondissements fin 2014. Cliquer pour lire la liste des plantes à gauche.

La flore actuelle de la Petite Ceinture est donc le fruit du travail de ces associations d’insertion et, d’une manière négative, de l’action des personnes qui pénètrent illégalement sur l’emprise de la ligne, piétinant la flore ou laissant des déchets. La Petite Ceinture n’est donc pas un lieu où la végétation est laissée à elle-même, sans aucune intervention humaine.

Par exemple, le nombre d’individus du Buddleia de David, également appelé « arbre à papillons », une espèce invasive apparue sur la Petite Ceinture dans les années Quatre-Vingt-Dix suite à la disparition du trafic ferroviaire régulier, a fortement régressé grâce au travail des associations d’insertion, permettant à d’autres espèces végétales de s’épanouir.

 Modalités d’aménagement de la promenade réversible du 15e arrondissement

L’aménagement de la promenade ouverte au public dans le 15e arrondissement, sur le tronçon de la Petite Ceinture situé entre la place Balard et la rue Olivier de Serres, fait l’objet d’une convention d’occupation temporaire du domaine public appartenant à RFF, pour une durée de 7 ans à partir d’août 2011. [3]

La Ville de Paris loue le terrain à RFF et paie les impôts et taxes liés à son utilisation :

  • Le montant de la redevance annuelle est fixé à 107 385 Euros HT pendant la période des travaux d’aménagement de la promenade (c’est-à-dire pendant 2 ans de l’été 2011 à l’été 2013), puis de 202 417 Euros HT à compter de la fin des travaux ;
  • Le montant des impôts et taxes est de 20 241,70 Euros HT par an.

 Position de Réseau Ferré de France à l’automne 2014

Dans un article de l’Agence France Presse en date du 1er octobre 2014, repris notamment sur le site de l’hebdomadaire « l’Express », Jean Faussurier, directeur régional de Réseau ferré de France (RFF), déclare : « Nous voulons redonner à la Petite Ceinture un usage de transport public, à un horizon que l’on ne connaît pas. Mais au lieu d’avoir des surfaces stériles comme ces gares, dont les usages illicites nous préoccupent beaucoup, notre but est de les ouvrir au public, à condition que les installations restent réversibles. »

Et, chose qui ne peut que nous réjouir, notre Association est citée dans cet article :
« L’Association de sauvegarde de la petite ceinture, qui luttait pour qu’elle conserve son rôle de transport, se réjouit de cette nouvelle vie, et imagine déjà de refaire rouler des trains remplis de visiteurs entre ces lieux de mémoire ferroviaire. »

 Le schéma Directeur de la Région Île-de-France 2030

Le Schéma Directeur de la Région Île-de-France 2030 (SDRIF) [4], adopté par le Conseil Régional le 18 octobre 2013, approuvé par l’État le 27 décembre et publié le 28 décembre 2013 au Journal Officiel, revient sur le devenir de la Petite Ceinture de la manière suivante : « La Petite Ceinture verra son linéaire maintenu. Sa vocation ferroviaire et ses usages seront à considérer en fonction des tronçons concernés (ferroviaires, transports légers, trame verte) tout en veillant à la réversibilité des aménagements. Enfin, l’urbanisation dans leur environnement immédiat devra être compatible avec l’activité de ces sites. »

 Le protocole-cadre de juin 2015 pour la période 2015-2025

Lors de la séance du Conseil Municipal de Paris des 13 et 14 avril 2015, est approuvé le projet de « protocole-cadre entre la Ville de Paris et le groupe SNCF concernant le devenir de la Petite Ceinture ferroviaire à Paris » (projet de délibération 2015 DU 10). Il est ensuite signé par la SNCF et la Ville de Paris le 17 juin 2015.

Ce protocole a pour objectif de définir des actions de valorisation de cette emprise ferroviaire aujourd’hui peu utilisée dans sa vocation initiale.

Dans ce projet de protocole, SNCF Réseau et la Ville de Paris confirment leur volonté que soit préservée la continuité de la Petite Ceinture et la réversibilité des aménagements qui pourraient y être réalisés, afin de ne pas obérer les potentiels de transport pour le futur.

L’appartenance de la Petite Ceinture au réseau ferré national est confirmée de la manière suivante dans le préambule de ce protocole :
« La Petite Ceinture, propriété de SNCF Réseau, fait partie du réseau ferré national, à l’exception d’un tronçon à l’Ouest, entre Auteuil et la Muette dans le 16e arrondissement, retranché du réseau ferré national en 2008, et de la section du 17e arrondissement comprise entre la rue Alphonse de Neuville et le Pont Cardinet, dite Tranchée Pereire, fermée en 2013. »

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La Petite Ceinture de Paris - vocation des sections
Source : APUR - Ville de Paris. Mars 2015. Cliquer pour agrandir.


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Petite Ceinture de Paris - proposition de priorité d’interventions
Source : APUR - Ville de Paris. Mars 2015. Cliquer pour agrandir.

 Les trois axes d’articulation du protocole

Le texte ci-dessous est extrait du projet de délibération 2015 DU 10.
« Ce protocole s’articule autour de 3 axes :

  • L’engagement de mise en valeur du patrimoine naturel, architectural et paysager et des usages diversifiés,
  • L’élaboration d’un plan-programme partagé pour le devenir de la Petite Ceinture,
  • Les modalités de déploiement du plan-programme et de la mise à disposition des sites.

 La mise en valeur du patrimoine naturel, architectural et paysager et des usages diversifiés

Les signataires s’engagent à maintenir le caractère extraordinaire de la Petite Ceinture dont le paysage constitue un ensemble cohérent.

Toute action devra s’attacher à s’inscrire dans l’ensemble du paysage d’une section et à mettre en valeur l’histoire et le patrimoine ferroviaire de la Petite Ceinture. La lecture de l’aménagement ne devra pas prendre le dessus sur le paysage et devra préserver le gabarit ferroviaire.

SNCF Réseau et la Ville de Paris élaboreront des éléments de programmation, supports de l’élaboration des projets d’aménagement, de manière à renforcer le linéaire et mettre en valeur l’emprise.

Les projets qui seront mis en œuvre pour accueillir de nouveaux usages sur la Petite Ceinture s’appuieront sur son caractère très particulier et ses potentiels, tout autant que ses qualités écologiques et son rôle climatique. Ils permettront la préservation de la cohérence du paysage de la Petite Ceinture, auquel les Parisiens ont exprimé leur attachement lors de la concertation publique.

 L’élaboration d’un plan-programme partagé pour le devenir de la Petite Ceinture

La Ville de Paris et la SNCF élaboreront conjointement d’ici fin 2015 un plan-programme pluriannuel qui s’attachera à identifier les usages et activités susceptibles d’être développés sur les emprises de la Petite Ceinture mise à disposition de la Ville de Paris et à définir les aménagements à réaliser pour la mise en œuvre de ces activités.

Ce plan-programme comprendra :

  • Une synthèse des diagnostics techniques existants décrivant l’état connu du site. Ces diagnostics seront actualisés au fur et à mesure de l’avancement des études et des travaux.
  • L’énoncé des objectifs urbains et programmatiques, assorti de fiches détaillées par tronçon précisant les périmètres concernés, décrivant les modalités de réalisation des actions proposées, ainsi qu’un phasage indicatif.

Pour l’élaboration de ce plan-programme, la Ville de Paris et la SNCF lanceront une consultation pour choisir un prestataire spécialisé qui les assistera dans cette démarche.

Cette AMO (Note : Assistance à Maîtrise d’Ouvrage) pourra s’appuyer si nécessaire sur un appel à idées afin de solliciter les parties prenantes susceptibles de proposer et d’organiser des usages nouveaux de la Petite Ceinture dans les séquences susceptibles de les accueillir.

L’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage choisie par la SNCF et la Ville de Paris est la société ABCD, une agence spécialisée dans « l’ingénierie culturelle et artistique » (sic).

 Les modalités de déploiement du plan-programme et de mise à disposition des emprises

La Ville de Paris et la SNCF définiront par voie de conventions les conditions, notamment juridiques et financières, de mise en œuvre des différentes actions prévues au plan programme. Ces conventions s’inscriront dans le cadre défini par le décret 2015-140 du 10 février 2015 relatif aux missions et aux statuts de SNCF Réseau.

La mise à disposition pourra faire l’objet de conventions de superposition d’affectations du domaine public dans les conditions définies par le Code Général de la Propriété des Personnes Publiques. Ces conventions comporteront le recensement et un état initial des ouvrages et des réseaux présents dans le périmètre et détermineront la répartition entre les affectataires des responsabilités en matière d’entretien et de réparation de ces ouvrages et réseaux. Pour les tronçons destinés à être ouverts au public, les conventions préciseront la nature des aménagements à réaliser, les modalités de leur mise en œuvre et les prescriptions à respecter.

Le protocole-cadre prévoit également la possibilité de constituer autant que de besoin des groupements de commande entre la Ville de Paris et SNCF, permettant de conduire des études conjointes, pour lesquels des conventions spécifiques seraient soumises à votre assemblée (Note : le Conseil de Paris).

Par ailleurs, en fonction des orientations définies par le plan programme, sur certains tronçons, des conventions d’occupation, pourront être consenties à des porteurs de projets, sélectionnés conjointement par les deux partenaires sur la base d’appels à projet. Le produit de ces activités sera partagé entre les deux partenaires selon des modalités à définir. Les signataires définiront dans l’année 2015 la forme et les modalités d’un outil partenarial d’animation et de valorisation spécifique, qui pourra s’adjoindre d’autres opérateurs publics et privés.

Ces conventions de mise à disposition ou de superposition d’affectation seront consenties à titre gratuit par la SNCF, la Ville de Paris s’engageant en contrepartie à prendre en charge l’aménagement et l’entretien des espaces ainsi ouverts au public, à l’exception des dépenses liées à la remise en état des ouvrages ferroviaires.

Ce nouveau dispositif de mise à disposition sera mis en place progressivement entre 2015 et 2016 en fonction du statut des séquences concernées. Selon les cas, des conventions de superposition d’affectation, de transfert de gestion ou des conventions d’occupation temporaire seront mises en œuvre pour régler précisément les responsabilités respectives de la Ville et de SNCF dans la gestion courante et l’entretien des emprises. »

Un comité de pilotage partenarial Petite Ceinture ferroviaire, composé de représentants de la Ville de Paris, de représentants de SNCF, de représentants de l’État, ainsi que des neuf Maires d’arrondissement et tous les Présidents de groupe au Conseil de Paris, est chargé du pilotage et de la validation des décisions partenariales stratégiques entre la Ville et SNCF.

Au sein de la Ville de Paris, afin d’assurer une cohérence globale à cette démarche, le pilotage global de l’opération est confié au Secrétariat général de la Ville et à la Direction des Espaces verts et de l’Environnement qui rendront compte devant le comité de pilotage partenarial Petite Ceinture. [5]

 Étude de l’Apur sur l’état des lieux (novembre 2015)

L’Apur (Atelier Parisien d’Urbanisme) a publié en novembre 2015 « un état des lieux des 32 kilomètres de voies ferrées et de leurs abords qui constituent autant d‘espaces destinés à être ouverts au public à court terme. »

« Ce document élaboré dans le cadre du programme partenarial de l’Apur compile tous les aspects connus du site et donne à voir son potentiel d’évolution, séquence par séquence, en fonction de ses caractéristiques et de son environnement urbain. »

La lecture de cette étude s’avère indispensable pour comprendre en détail la situation actuelle de la Petite Ceinture et de la ligne d’Auteuil dans le tissu urbain des quartiers traversés, pour découvrir les projets en cours ou à l’étude, ainsi que pour analyser la vision sous-tendant les projets de l’Hôtel de Ville et des mairies des arrondissements concernés.

Une phrase de cette étude résume à elle seule les fortes contraintes pesant sur ces projets : «  La Petite Ceinture ferroviaire est un grand ouvrage d’art » (page 19).

Nous revenons plus en détail sur le contenu de cette étude dans cet article de notre site.

 Budget (dépenses et sources de recettes)

Le projet d’ouverture des séquences supplémentaires de la Petite Ceinture ferroviaire à des usages nouveaux et au public a été inscrit au programme d’investissement de la mandature (NDLR : c’est à dire d’ici 2020) pour une enveloppe prévisionnelle de 15 millions d’Euros. Lors du vote du budget participatif en septembre-octobre 2015, la « reconquête de la Petite Ceinture » a été retenue parmi les projets lauréats et est dotée d’une enveloppe complémentaire de 7,5 millions d’Euros. [5]

Par ailleurs, le document intitulé « Présentation du plan-programme. Calendrier opérationnel 2016. » et datant du 25 avril 2016 [6] indique pages 4 et 5, dans le chapitre intitulé « 1.3 - Recherche de l’équilibre économique du projet Petite Ceinture », comment cet argent sera dépensé, ainsi que les sources de recettes envisagées pour compenser les dépenses engagées : « En termes d’investissement, les crédits inscrits au Plan d’Investissement Municipal et au Budget Participatif pour la Petite Ceinture sont destinés à assurer les travaux et investissements nécessaires aux nouveaux usages et à la réalisation progressive du socle des promenades, que les usages et micro-aménagements pourront venir compléter (une partie des crédits du budget participatif).

Ce dispositif conventionnel et budgétaire (en investissement) implique d’être particulièrement économe des crédits publics pour le fonctionnement annuel de la Petite Ceinture et oblige à réinterroger le modèle économique de son entretien/animation.

C’est dans ce cadre très contraint que ABCD (NLDR : L’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage choisie par la SNCF et la Ville de Paris) a procédé à une estimation des ressources externes pouvant être générées par des redevances d’occupation, à titre éphémère (événementiel) ou à titre temporaire sur des durées variables (conventions d’occupation temporaire annuelles ou sur plusieurs années, en fonction des activités proposées et des investissements portés par les porteurs de projet ou entreprises).

ABCD a pris en compte six grandes catégories d’espaces pouvant générer des recettes extérieures :

  • Gares (essentiellement, gare d’Avron et gare du Cours de Vincennes, dans le 20e arrondissement),
  • Quais existants (espaces ouverts),
  • Bâtiments annexes existants dont une grande part fait l’objet de COT actuellement mais peuvent être progressivement affectés à de nouveaux usages plus intéressants pour le projet et plus rémunérateurs,
  • Entrées de tunnels (événementiels),
  • Sites stratégiques (une demi-douzaine identifiés dont site des Buttes-Chaumont, secteur Flèche d’Or, 1 rue Florian, quais contrebas du Parc Georges Brassens…)
  • Mise en place de petits équipements d’activités/loisirs (pop-up stores-NLDR : magasins éphémères : structures légères et démontables).

L’ensemble de ces activités doivent s’insérer dans les espaces disponibles sans empêcher la continuité de promenade. Sur ces bases quantitatives et programmatiques, ABCD a estimé les recettes annuelles pouvant être espérées, variables de 1 million d’Euros pour l’année 2017 à un montant de 3 à 4 million d’Euros par an dans la période 2020-2020. À terme, ABCD estime que ces montants pourraient encore être accrus de 1 million d’Euros par an. »

 Calendrier

 Printemps 2015

  • Étude technique sur les « gabarits-transports » à définir selon les sections, afin de garantir la réversibilité des aménagements à long terme ;
  • Étude technique sur l’état des ouvrages d’art (ponts, tunnels, etc.) et des réseaux (fibre optique, signalisation ferroviaire, etc.).

 Second semestre 2015

  • Mi-2015 : document cadre remis à l’AMO. Ce document-cadre s’appuie sur les projets soumis sur le site idee.paris.fr et sur les études techniques ;
  • Second semestre 2015 : élaboration des livrables par l’AMO. Comité de pilotage Ville de Paris-SNCF-mairies d’arrondissement ;
  • Fin 2015 : livrables définitifs ;
  • Fin 2015 (décalé à fin mars 2016) : plan-programme finalisé et validé par la Ville de Paris et SNCF ;
  • Septembre 2015 (décalé à février 2016) : ouverture de l’aménagement situé dans le 13e arrondissement ;

La phase d’élaboration du projet de plan-programme pour la Petite Ceinture s’est accompagnée, de septembre à décembre 2015, de réunions de concertation organisées localement par les Mairies d’arrondissement, selon des modalités propres à chaque mairie d’arrondissement concernée. [5]

 Printemps 2016

Le printemps 2016 est marqué par la publication du plan-programme, par l’approbation par le Conseil de Paris d’une convention de superposition d’affectation, d’une convention de transfert de gestion et du lancement d’une étude sur des prestations techniques pour les usages liés au rail.

 Publication du plan-programme

Le plan-programme mentionne au rang de ses principes la spécificité de la Petite Ceinture. L’ouverture envisagée cherche à conserver sa singularité, et à inventer pour elle un statut à part, qui ne soit ni espace public, ni jardin. L’intervention consistera à faire avec l’existant pour mettre en scène l’état de friche, en s’autorisant le non-faire. La forme actuelle de l’infrastructure est préservée, aucune construction pérenne n’est envisagée sur le linéaire, les seuls éléments bâtis sont les gares existantes ou des éléments reconstitués à leur emplacement lorsqu’elles ont disparu.
[...]
La typologie des interventions envisagées sur la Petite Ceinture :

  • Les « chantiers participatifs » proprement dits ;
  • Les aménagements de promenade réalisés par la Ville de Paris, comme maître d’ouvrage et conducteur d’opération ;
  • Les projets de transformation des gares privées portés par leur propriétaire ;
  • Les projets lancés par la Ville et SNCF sous forme d’appels à projets ou de gré à gré pour les premières occupations temporaires. [7] [8]
 Approbation de conventions

Lors de la Séance du Conseil de Paris des 29, 30 et 31 mars 2016, adoption de la délibération « 2016 DU 62 » approuvant les premières conventions de superposition d’affectation (13e, 14e et 15e arrondissements) et de transfert de gestion (16e arrondissement). De nouvelles conventions de superposition d’affectation seront soumises au Conseil de Paris au cours de l’année 2016 pour les séquences Est, Nord et Nord-Ouest de la Petite Ceinture. [5]

 Lancement d’un étude sur les usages ferroviaires

À cette occasion, approbation d’un amendement à cette délibération y ajoutant l’article 2 suivant : « cette superposition tiendra compte du projet de la Ville de Paris de maintenir des activités ferroviaires sur le site de la petite ceinture, avec par exemple le développement d’un projet de vélo-rail, de draisines, le développement d’un circuit de trains de la découverte. Le suivi de son expérimentation et de sa mise en place sera notifié sur l’ensemble des délibérations ayant un rapport avec le projet d’aménagement de la Petite Ceinture. » (voir les détails sur cette page).

Suite à l’approbation de cet amendement, une étude est lancée sur des « prestations techniques pour les usages liés au rail qui pourraient trouver leur place sur certaines parties de la petite Ceinture : vélo-rail ou autre mode de déplacements sur les voies, faisabilité de parcours exceptionnel d’un train de découverte, mise en place de matériels SNCF à certains endroits pour des usages définis dans la suite du projet (fixes ou mobiles), etc. Cette étude pourra servir notamment à envisager les formes de mobilité et de traversée des tunnels, en particulier les tunnels longs ou très longs qu’il est difficile de faire traverser par des piétons. » [6]

Une autre étude complémentaire porte sur « des prestations sur l’identité et l’unité de la Petite Ceinture : signalétique, communication numérique ». [6]

 Second semestre 2016

Mise en place de quatre premières bases-vie, ou « stations », sur plusieurs arrondissements et de collectifs de compétences qui auront pour mission d’animer et de co-concevoir ces premiers espaces en associant les volontaires, les associations locales et les associations d’insertion déjà présentes sur le site, en étroite concertation avec chaque mairie d’arrondissement concernée.

Cette station sera constituée dans un premier temps d’un conteneur mis à disposition du prestataire. À partir de cet équipement, le collectif aménagera l’espace intérieur et extérieur pour permettre la bonne exécution de sa mission. Cette station est pilotée par le collectif de compétences professionnelles. Ce collectif s’appuiera sur un référent de chaque direction concernée, de la mairie d’arrondissement, des étudiants et des habitants regroupés ou pas en associations.

Cette station est à la fois une « base vie » et un atelier collaboratif. Le collectif précisera le nombre optimal et maximal de personnes pouvant participer, simultanément, aux différentes actions proposées, ainsi que les horaires et jours de fonctionnement de la station. [5]

Chacun de ces sites sera davantage un lieu de réflexion que de promenade. [La Ville de Paris s’appuiera] sur les acteurs associatifs, les riverains. [9]

La typologie des thématiques pouvant être réalisées dans le cadre des chantiers participatifs :

  • Mobiliers divers pouvant être utilisés pour les activités propres aux volontaires ou ouvertes au public,
  • Constructions légères, liées aux activités de loisirs tout public avec respect des normes et règlement en vigueur : abris, auvents, buvettes légères, …
  • Aménagements paysagers, plantations, semis et culture des espaces ainsi créés, y compris les petits aménagements liés aux espaces plantés,
  • Entretien végétal et entretien du site (mise en propreté). [7]

Les quatre première bases-vies, ou « stations » sont localisées :

  • Dans le 12e arrondissement, à la hauteur du numéro 9 de la Ville du Bel-Air, sur une section comprise entre l’avenue de Saint-andé au Nord et la rue du Sahel au Sud, avec un accès de plein-pied par la Villa du Bel-Air,
  • Dans le 14e arrondissement, entre la rue Didot et la rue des Plantes, une section en tranchée profonde avec un accès par un escalier de chantier côté rue Didot (place Alice Guy),
  • Dans le 19e arrondissement, entre l’avenue Jean Jaurès au Nord et la rue Petit au Sud, avec un accès par la rampe du 45 rue Petit,
  • Dans le 20e arrondissement, à la hauteur de l’ancienne station de Ménilmontant, entre les rues de Ménilmontant et des Couronnes, avec un accès de plein-pied par la rue de la Mare.
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Carte des chantiers participatifs exploités sur la Petite Ceinture ferroviaire au second semestre 2016
Réunion publique organisée par la Mairie du 19e arrondissement le 29 juin 2016 sur le chantier participatif du 19e. Cliquer pour agrandir.

Les premiers marchés (Marchés à procédure adaptée) ont été lancés le 29 février pour une remise des offres le 4 avril 2016. Les missions sont prévues pour une durée de 5 mois à compter de la notification des marchés, soit un déroulement entre juillet et novembre 2016. [6]. Ces chantiers ouvrent à partir du 20 juillet.

Ces quatre chantiers sont décrits depuis le 11 juillet 2016 sur le site de la Ville de Paris.

Voici la description de ces chantiers.

 Chantier participatif « Villa du Bel-Air » (12e)

Localisation. Longueur : 400 m. Surface : 5 000 m2.

Liens avec les séquences de part et d’autre : la Ville de Paris envisage de conduire des études et un processus de projet permettant d’aménager une première promenade en partant vers le sud de cette emprise pour rejoindre à terme la rue Claude Decaen et la rue des Meuniers. Une première phase de cet aménagement pourrait être réalisée jusqu’au pont-rail de l’avenue Daumesnil, permettant ainsi une liaison avec la promenade plantée Bastille-Vincennes (moyennant une liaison verticale à créer) et une liaison directe avec le « sentier nature » existant au débouché du square Charles Péguy. [7]

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Séquence du 12e arrondissement - Villa du Bel Air
Cliquer pour agrandir.


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Descriptif du chantier participatif de la villa du Bel Air
12e arrondissement. Juillet 2016. Source : Ville de Paris. Cliquer pour afficher.

Consulter depuis ce lien le site de la Mairie du 12e arrondissement pour obtenir des informations concernant ce chantier et ses activités.

 Chantier participatif « Rue Didot » (14e)

Localisation.Longueur : 425 m. Surface : 5 400 m2.

Liens avec les séquences de part et d’autre : la Ville de Paris envisage de conduire des études et un processus de projet permettant d’aménager une promenade en continuité de la promenade Broussais, sur la dalle de couverture du tunnel traversant le site de l’ancien hôpital et l’ancienne gare de Montrouge. [7]

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Séquence du 14e arrondissement - entre la rue Didot et la rue des Plantes
Cliquer pour agrandir.


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Descriptif du chantier participatif de la rue Didot
14e arrondissement. Juillet 2016. Source : Ville de Paris. Cliquer pour agrandir.

Consulter depuis ce lien le site de la Mairie du 14e arrondissement pour obtenir des informations concernant ce chantier et ses activités.

 Chantier participatif « Rue Petit » (19e)

Localisation. Longueur : 125 m. Surface : 3 000 m2.

Liens avec les séquences de part et d’autre : la Ville de Paris envisage de conduire des études et un processus de projet permettant d’aménager une première promenade en partant vers le nord de cette emprise pour rejoindre dans un premier temps le canal de l’Ourcq et à terme la gare Rosa Parks. [8]

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Séquence du 19e arrondissement - entre la rue Petit et l’avenue Jean Jaurès
Cliquer pour agrandir.


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Descriptif du chantier participatif de la rue Petit
19e arrondissement. Juillet 2016. Source : Ville de Paris. Cliquer pour afficher.

Consulter depuis ce lien le site de la Mairie du 19e arrondissement pour obtenir des informations concernant ce chantier et ses activités..

 Chantier participatif « Rue de la Mare » (20e)

Localisation. Longueur : 220 m. Surface : 4 000 m2.

Liens avec les séquences de part et d’autre : la Ville de Paris envisage de conduire des études et un processus de projet permettant d’aménager une première séquence offrant des possibilités d’installation des jardins partagés ou d’évènements. [8]

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Séquence du 20e arrondissement - passerelle de la rue de la Mare
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Descriptif du chantier participatif de la rue de la Mare
20e arrondissement. Juillet 2016. Source : Ville de Paris. Cliquer pour afficher.

Consulter depuis ce lien le site de la Mairie du 20e arrondissement pour obtenir des informations concernant ce chantier et ses activités.

Les travaux d’aménagement sont prévus entre le 4 et le 20 juillet 2016, ce qui permet une ouverture au public à partir du 21 juillet 2016. Ces travaux consistent tous au minimum en la pose de barrière aux extrémités de chaque section, pour la mise en sécurité du site, la pose d’un conteneur/atelier pour le collectif choisi et la pose d’un raccordement électrique pour ce conteneur. L’abattage d’arbres considérés comme dangereux est prévu sur certains sites, comme la section de la rue de la Mare, dans le 20e arrondissement. L’annonce du projet et de ses travaux est discrète, puisque réalisée au moyen d’une affichette plastifiée au format A4. Les affichettes sont posées aux points d’entrée de chaque section.

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Affichette annonçant les travaux de la section du 20e arrondissement
Affichette posée sur le portail d’accès à l’ancien quai extérieur de la station de Ménilmontant depuis la rue de la Mare. Cliché Bruno Bretelle tous droits réservés. 02/07/2016.

 2017

Initialement annoncée pour le second semestre 2016, la généralisation des chantiers participatifs aux neuf arrondissements que traversent la Petite Ceinture et la ligne d’Auteuil, en tenant compte des retours d’expérience des quatre premières bases-vies, est finalement reportée à 2017 [10]. Au total, les 10 sites envisagées pour ces chantiers sont les suivants [5] :

  • Villa du Bel-Air (12e arrondissement) - longueur : 400 m - surface : 5 000 m2,
  • Rue Regnault (13e arrondissement) - longueur : 75 m - surface : 640 m2,
  • Rue Didot (14e arrondissement) - longueur : 425 m - surface : 5 400 m2,
  • Contrebas du Parc Georges Brassens (15e arrondissement) - longueur : 148 m - surface : 1 200 m2,
  • Sentier nature, du côté de la gare de Passy-La Muette (16e arrondissement) - longueur : 100 m - surface : 1 550 m2,
  • Rue Ernest Roche (17e arrondissement) - longueur : 230 m - surface : 3 700 m2,
  • Rue Leibniz/mail Belliard (18e arrondissement) : en lien avec projet de la gare de l’Avenue de Saint-Ouen (Le Hasard Ludique) - longueur : 150 m - surface : 1 700 m2,
  • Rue Petit (19e arrondissement) - longueur : 125 m - surface : 3 000 m2,
  • Rue de la Mare (20e arrondissement) - longueur : 220 m - surface : 4 000 m2.
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Carte des chantiers participatifs exploités sur la Petite Ceinture ferroviaire en 2017
Réunion publique organisée par la Mairie du 19e arrondissement le 29 juin 2016 sur le chantier participatif du 19e. Cliquer pour agrandir.

 Analyse et position de notre Association

Plusieurs évolutions du projet de la Ville de Paris depuis 2012 méritent d’être soulignées.

 Une baisse importante du budget d’investissement

Fin 2012, dans une interview donnée au Journal du Dimanche [11], Anne Hidalgo annonçait que l’ouverture au public de la Petite Ceinture ferroviaire serait un « axe très important » de son programme et un « enjeu majeur » de la mandature actuelle (2014-2020). Elle y annonçait une dépense d’investissement « de moins de 7 millions d’Euros par kilomètre ».

La longueur de la boucle ferroviaire concernée par ce projet est d’environ 25 kilomètres, composée de :

  • 23 kilomètres environ pour la Petite Ceinture au Sud, à l’Est et au Nord, auxquels il faut retrancher les 1,3 kilomètres de la promenade ouverte dans le 15e arrondissement en 2013, c’est-à-dire durant la précédente mandature ;
  • 2 kilomètres environ pour les restes de la ligne d’Auteuil à l’Ouest , dans les 16e et 17e arrondissement, auxquels il faut retrancher les 1,2 kilomètres du Sentier Nature déjà ouvert dans le 16e arrondissement.

Au total, sur environ 25 kilomètres, il reste environ 22,5 kilomètres à ouvrir au public. Au coût kilométrique annoncé, l’aménagement d’une telle longueur représenterait un budget d’investissement d’environ 150 millions d’Euros.

Or le budget d’investissement voté sur la mandature, c’est à dire d’ici 2020, pour permettre l’ouverture au public de nouvelles sections de la boucle ferroviaire, est de 15 millions d’Euros, soit dix fois moins que le budget prévu fin 2012. La cause en est sans doute la dégradation de la situation financière de la Ville de Paris ces dernières années.

Par ailleurs, les promenades dans les 15e et 13e arrondissements permettent d’avoir une idée du coût d’aménagement. La promenade du 15e arrondissement a coûté en moyenne 4,5 millions d’Euros du kilomètre et celle du 13e arrondissement 4 millions d’Euros. La différence s’explique principalement par l’absence de moyens d’accès (ascenseurs, escaliers et rampes) dans le 13e, l’accès se faisant de plain-pied depuis la voirie, au contraire de la promenade du 15e arrondissement.

Par conséquent, la Ville doit dorénavant satisfaire les demandes des dix arrondissements traversés par la boucle ferroviaire tout en limitant fortement les dépenses d’investissement prévues à cet effet.

 Une baisse importante de la longueur des sections ouvertes

Le seul moyen d’atteindre cet objectif est d’ouvrir dans chacun de ces dix arrondissements une courte section, au lieu d’ouvrir une promenade longue d’au moins d’un kilomètre comme celles ouvertes ces dernières années dans les 15e et 16e arrondissements.

Les quatre premières sections dont l’ouverture est annoncée pour l’été 2016 ont une longueur comprise entre 100 et 425 mètres, alors que la promenade du 15e arrondissement emprunte la Petite Ceinture sur 1,3 kilomètres [12] et que le Sentier Nature mesure 1,2 kilomètres de long. [13]

Notons que la première section ouverte durant l’actuelle mandature, en janvier 2016, dans le 13e arrondissement, est elle-aussi courte : 532 mètres dont 350 mètres seulement sont aménagés en une promenade.

 L’existence de fortes contraintes de sélection des sections ouvertes

La liste des sections envisagées met en évidence l’usage de trois critères de sélection.

Le premier critère est l’absence de construction d’accès coûteux à la plate-forme de la ligne depuis la voirie (ascenseurs, escaliers et rampes). C’est le cas dans les 12e, 13e, 15e, 16e, 17e, 18e et 20e arrondissements. Dans le 19e arrondissement, une rampe de service de la SNCF permet d’ores et déjà d’accéder à la plate-forme depuis la rue Petit. Seule la section du 14e arrondissement, où la Petite Ceinture est intégralement en profondeur, en tranchée ou en tunnel, nécessite l’installation d’un escalier de chantier.

Le deuxième critère est l’absence d’ouverture au public des tunnels pour de la promenade. C’est déjà le cas aujourd’hui pour la promenade du 15e arrondissement. En effet, l’aménagement d’un tunnel nécessite la présence d’éclairage public et d’accès pompiers, ce qui en augmente le coût.

Enfin, le troisième critère est l’absence de pont-rail rendu accessible au public. En effet, l’ouverture à la promenade d’un pont-rail augmente également les dépenses d’investissement.

 La Petite Ceinture, un laboratoire d’aménagements

Depuis la création de l’Association en 1992, le contexte de la Petite Ceinture ferroviaire a considérablement évolué : d’une ligne de chemin de fer encore utilisée pour du trafic de marchandises, le Petite Ceinture apparaît comme un enjeu d’aménagement au sens large. Cette emprise mythique est donc devenue, selon nous, un laboratoire d’aménagements, un site de recherches urbaines. Notre Association a pour ambition de participer à la phase de construction de l’avenir (ferroviaire, bien entendu) de cet espace atypique au sein d’une grande capitale.

Quels usages pour la Petite Ceinture ferroviaire à l’horizon d’un an, de cinq ans, de vingt-ans et au-delà ? Quelles utilisations peut-on envisager à certaines périodes de l’année ? À certaines heures ? Sous quelles modalités ? Les réflexions actuellement menées par les acteurs de ce dossier nous imposent de renforcer le rôle de force de propositions que nous tentons d’incarner depuis plus de vingt-ans.

 Notre proposition : des circulations de trains de découverte

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Autorail de type Caravelle dans la tranchée du parc des Buttes-Chaumont.
Dans la tranchée du parc des Buttes-Chaumont. Au fond, l’entrée du tunnel de Ménilmontant (1124 mètres de long). Cliché : Romain Mortelette. Tous droits réservés.

À court terme, notre Association propose la reprise des circulations de trains de découverte en direction du grand public, telles que celles que nous avons animées en partenariat avec la SNCF et RFF (Réseau Ferré de France, aujourd’hui SNCF Réseau) à différentes reprises, comme en juillet 1993 sur la Petite Ceinture sud, puis en 1999, 2000 et 2003 sur les tronçons nord et est de la ligne. Ces circulations permettraient de :

  • Valoriser l’ADN ferroviaire de la Petite Ceinture ;
  • Franchir les tunnels et les ponts, qui constituent des obstacles aux ouvertures aux piétons et aux vélos et mettent ainsi fin au mythe de la coulée verte continue sur 23 kilomètres ;
  • S’affranchir des problèmes d’accessibilité, qui contraignent fortement l’emplacement et la longueur des sections que la Ville de Paris envisage d’ouvrir au public. Les trains auraient comme point de départ et d’arrivée une gare terminus parisienne (comme Paris-Nord, Paris-Bercy ou Paris-Invalides) ;
  • Rendre la ligne accessible à un grand nombre de personnes tout en préservant la biodiversité existante, la Petite Ceinture ne se prêtant pas à une forte fréquentation piétonne ;
  • Assurer une activité économique offrant à la SNCF et à la Ville de Paris des redevances leur permettant de financer l’entretien de la ligne ;
  • Servir d’élément fédérateur aux différentes activités développées le long des voies de la Petite Ceinture, tant sur les surlargeurs que dans les anciens bâtiments de voyageurs.

Comme le notaient déjà en 1991 deux étudiants en architecture de l’école de Paris-Belleville : « Dans les conditions actuelles, la Petite Ceinture est souvent ressentie et décrite comme une sorte de zone, un chemin quasi-déserté, un paysage ruiniforme et fantôme. Cela existe bien, mais pour un promeneur à pied. Mais si, par contre, on voit les paysages qui bordent la ligne d’un train en marche (une association organise un voyage annuel sur le trajet à bord d‘un matériel SNCF à vapeur), il apparaît des perspectives tout à fait différentes, parce qu’on découvre des ensembles et ce à bonne hauteur. Le cadre, c’est celui d’une ville vue à l’envers, donc sous un angle inattendu et attractif. […] Il y a donc là un patrimoine touristique absolument original et que seule une ligne de chemin de fer permet de découvrir sous un angle inédit, donc irremplaçable. » [14]

Il existe ainsi une complémentarité entre les deux échelles de parcours et de découverte des paysages de la Petite Ceinture aujourd’hui possibles : à pied au niveau local et en train au niveau métropolitain.

« Au niveau local, à l’échelle du quartier, sont concernés l’ancien bâtiment voyageurs, le pont, la tranchée au coin de la rue en ou en bas d’un immeuble. À ce niveau, l’intégration de la Petite Ceinture dans l’urbanisme et l’histoire du quartier sont à prendre en compte.
Au niveau régional, à l’échelle de l’agglomération francilienne, ce sont les connexions entre la Petite Ceinture et l’ensemble du réseau ferroviaire francilien qui importent. Ce niveau d’analyse souligne “l’effet réseau”, c’est à dire la présence de la ligne comme un élément constitutif d’un ensemble cohérent sur les plans géographique et historique. » [15]

Ces circulations de trains de découverte constitueraient des événements ponctuels visant le grand public. Notre idée est de proposer la durée et le prix d’une place de cinéma, pour découvrir Paris depuis la Petite Ceinture dans un long travelling, d’une durée comprise entre 1h30min et 2h30min. L’usage d’un matériel moderne, équipé de grandes baies vitrées, a pour but de faciliter le contact visuel entre le voyageur et les paysages traversés. Notre association assurerait un commentaire à bord.

 Nous rejoindre

N’hésitez pas à nous rejoindre si vous souhaitez participer avec nous à cette aventure !

 Documents sources

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Protocole-cadre entre la Ville de Paris et le groupe SNCF concernant le devenir de la Petite Ceinture ferroviaire de Paris
Téléchargeable en PDF.
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Présentation de la délibération 2015 DU 10
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Projet de convention de transfert de gestion sur la ligne d’Auteuil (16e)
Projet de délibération 2016 DEVE 62 DU - Conseil de Paris des 29, 30 et 31 mars 2016.
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Projet de convention de superposition d’affectation sur la Petite Ceinture Rive Gauche
Projet de délibération 2016 DEVE 62 DU - Conseil de Paris des 29, 30 et 31 mars 2016.
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2016 DEVE 63 DU Exposé des motifs
Séances du Conseil de Paris des 17, 18 et 19 mai 2016.
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2016 DEVE 63 DU Ouverture de la Petite Ceinture à de nouveaux usages et à la promenade - Autorisation donnée à la Maire de Paris de prendre toute décision relative à la réalisation de cette opération.
Séances des Conseils de Paris des 17, 18 et 19 mai 2016.
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Plan-programme de ABCD Culture pour la Petite Ceinture
Version du 22 avril 2016. Source : Ville de Paris. Avril 2016. Voir ici également.
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Présentation du plan-programme. Calendrier opérationnel 2016
Source : Ville de Paris. Avril 2016. Voir ici également.