Gare du Parc de Montsouris (1867)

, par Bruno Bretelle

Plan du quartier des gares Parc Montsouris et Glacière vers 1910

Adresse : 67 rue de l’Amiral Mouchez, 75013.

La station La Glacière-Gentilly, fut ouverte le 25 février 1867, comme l’ensemble de la Petite Ceinture Rive Gauche. En 1900, elle fut rebaptisée « Parc de Montsouris ».

 La gare aux voyageurs

Plan des installations de la station Parc de Montsouris en 1914
Chemin de fer de Ceinture. Document de 1914. Collection Pierre Tullin. Cliquer pour agrandir.

Le bâtiment est placé à cheval sur les voies et identique aux bâtiments des stations Montrouge-Ceinture et la Maison-Blanche.
Ce type de bâtiment est également présent, avec des variantes, sur la ligne d’Auteuil, comme la station Péreire-Levallois et sur l’actuelle ligne de tramway T2 (station Pont de Sèvres). Ce qui est logique, étant donné que les bâtiments voyageurs de la Petite Ceinture Rive Gauche (13e, 14e et 15e arrondissement) furent conçus par des ingénieurs de la Compagnie de l’Ouest, compagnie qui exploitait les lignes de la banlieue Saint-Lazare et la ligne d’Auteuil.

La gare vue depuis le parc Montsouris.
Vue du pont de l’actuelle rue de l’Amiral Mouchez et de la station Parc de Montsouris. Un train en direction de Montrouge-Ceinture s’apprête à entrer dans la tranchée du Parc Montsouris. la photographie a été prise depuis la rue Gazan.

Bâtiment voyageurs de la gare de la Glacière-Gentilly (Parc Montosuris), sur la Petite Ceinture, en juin 1905
Vue prise depuis l’axe de la rue de l’Amiral Mouchez qui monte jusqu’au boulevard Brune, situé au fond à droite. A gauche de la gare, la rue de Rungis. Cette vue date de l’été 1906.


Bâtiment des voyageurs de la station La Glacière-Gentilly (Parc Montsouris)
Sur la gauche, la rue de Rungis. Le Parc Montsouris se trouve sur la droite.

Schéma des stations à cheval sur les voies de la Petite Ceinture Rive Gauche. Élévation du côté de la chaussée.
Cette architecture, de style classique, est typique de la Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest qui construisit les gares de la Petite Ceinture Rive Gauche, de la ligne d’Auteuil et de l’actuelle ligne de tramway T2 (gare du Pont de Sèvres).


Vue aérienne de la gare du parc Montsouris dans les années Soixante.
La ligne fut mise à voie unique au Sud de Paris dans les années Soixante.

Installations de la station du parc Montsouris vue des voies
Les couvertures des escaliers et des quais prolongent celle de la passerelle. Au fond, la tranchée de la Petite Ceinture dans le parc Montsouris.

 La tranchée dite « d’Arcueil » dans le parc Montsouris

À l’Ouest de la station de voyageurs, la Petite Ceinture traverse la moitié Est du parc Montsouris en tranchée, avant de s’engouffrer dans le tunnel dit « de Montrouge » qui passe sous la ligne de Sceaux (aujourd’hui les quais et les voies de la station « Cité Universitaire » de la ligne B du RER). À cet endroit, la Petite Ceinture prend des airs de ligne de montagne !

Tranchée (dite d’Arcueil) de la Petite Ceinture dans le parc Montsouris vers 1930
La tranchée comporte deux voies. Un signal mécanique contrôle l’entrée des trains dans le tunnel de Montrouge.

 Le « volcan » de Montsouris

Après être passée sous les quais de la station « Cité Universitaire » de la ligne B du RER, la Petite Ceinture continue de franchir le parc Montsouris dans un tunnel qui, long de 800 mètres, passe ensuite sous la rue Paul Fort puis débouche à la hauteur de la rue du Père Corentin et le long de la Villa Virginie, à proximité de la porte d’Orléans et de la station de Montrouge-Ceinture.

Vue générale de la cheminée d’aération du tunnel de la Petite Ceinture dans le parc Montsouris.
La cheminée émerge au milieu d’un bosquet. Elle est entourée d’une plate-forme circulaire ceinturée d’un garde-corps. Cliché : Bruno Bretelle tous droits réservés.


Gros plan sur la bouche de la cheminée d’aération du tunnel de Montsouris
Un grillage soutenu par une structure en ciment empêche le jet d’objets dans la cheminée tout en laissant circuler l’air. Cliché : Bruno Bretelle tous droits réservés.

Dans la moitié Ouest du parc, près de l’allée justement appelée « de Montsouris », il existe un témoin de la présence de ce tunnel, dont on nous a rapporté qu’autrefois il était surnommé « le volcan » par les habitués du parc. Ce témoin n’est rien d’autre que la bouche de la cheminée d’aération du tunnel qui permettait l’évacuation de la fumée des locomotives à vapeur qui tractaient les trains. En effet, dans un tunnel, les mécaniciens diminuaient la quantité de vapeur injectée dans les cylindres de la locomotive afin de réduire le volume des fumées produites par la combustion du charbon dans le foyer. Mais cette manœuvre, si elle durait trop longtemps, entraînait une baisse du tirage du foyer, donc de la production de vapeur, et une baisse de la puissance de la locomotive. En passant sous cette cheminée d’aération, les mécaniciens pouvaient donc « remettre les gaz », c’est à dire relâcher de la vapeur, ce qui permettait à la locomotive de regagner de la puissance. Il résultait de cette manœuvre la génération d’un nuage de fumée qui remontait jusqu’à la surface au travers de la cheminée d’aération, à la manière d’un volcan !

Le volcan de Montsouris n’est pas le seul sur la Petite Ceinture. D’autres volcans existent dans d’autres tunnels !

 La gare de Sceaux-Ceinture sur la ligne de Sceaux

La gare de Sceaux-Ceinture était située sur la ligne de Sceaux (la partie Sud de l’actuelle ligne B du RER). Son nom était dû au fait qu’elle permettait la correspondance entre les trains de la ligne de Sceaux et ceux de la Petite Ceinture à la gare du Parc de Montsouris. Cependant, pour circuler entre ces deux gares, il fallait emprunter la voirie.

La gare de Sceaux-Ceinture sur la ligne de Sceaux
Cette gare était située au cœur du parc Montsouris, le long du boulevard Jourdan dont on aperçoit un bout du passage à niveau au premier plan. Elle fut remplacée au début des années Trente par l’actuelle station du RER B Cité-Universitaire, lorsque la ligne de Sceaux fut enterrée pour permettre la suppression du passage à niveau.

Train de la ligne de Sceaux arrivant à la station Sceaux-Ceinture
Le train à vapeur traverse le parc Montsouris en provenance de la station Denfert-Rochereau. L’ancêtre du RER B vers 1900. Cliquer pour agrandir.

 Gare relais

À partir de 1904, la station du Parc Montsouris devint une « gare relais » d’où partait des trains en direction de Courcelles-Ceinture par l’Est de Paris (autrement dit en circulant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre). Un local pour les équipes de conduite sera installé à cette fin. [1]

La locomotive à vapeur n°21 de la Ceinture, au dépôt-relais de la Glacière-Gentilly.
Une locomotive à vapeur de type 030T assurant la traction des trains de voyageurs sur la Petite Ceinture, vue ici dans la gare de La Glacière-Gentilly (au fond, la rue de Rungis).

 La gare aux marchandises de La Glacière-Gentilly

Plan des installations de la gare aux marchandises de la Glacière-Gentilly et de la station Parc Montsouris en 1914
Chemin de fer de Ceinture. Document de 1914. Collection Pierre Tullin. Cliquer pour agrandir.

La gare aux marchandises de La Glacière-Gentilly fut ouverte le 15 novembre 1882. afin de desservir les 13e, 14e et 15e arrondissements. Elle resta active jusqu’au début de 1993, fin de tout trafic régulier de marchandises sur la Petite Ceinture. Amputée de sa partie Ouest, de la rue de l’Amiral Mouchez à la place de Rungis, au début des années Quatre-Vingt, elle disparut totalement en 2005 pour laisser place à une opération immobilière. Mais la double voie de la Petite Ceinture reste préservée.

Vue générale de la gare de de la Glacière-Gentilly, en direction de l’Ouest.
Vue des installations de la gare de La Glacière-Gentilly, à la hauteur de la Poterne des Peupliers. Un train vient de quitter la station Parc de Montsouris, dont on aperçoit l’étage au fond, pour rejoindre la station La Maison-Blanche. Sur la gauche, le boulevard Kellermann.


Travaux devant l’octroi de la gare aux marchandises de La Glacière-Gentilly
Cette scène a été prise à la hauteur de la place de Rungis. Cliquer pour agrandir.

Grue roulante de la gare aux marchandises de La Glacière-Gentilly
Derrière le château d’eau, les immeubles de la place et de la rue de Rungis.

La Poterne des Peupliers en 1867
La poterne des Peupliers au-dessus du bras Ouest de la Bièvre. Au fond, le boulevard Kellermann.


Les étangs de la Glacière en cours de remblaiement à la Poterne des Peupliers.
Au début du XXe siècle, la rivière la Bièvre est canalisée et sa vallée remblayée. Vue prise de la rue des Peupliers.

 La passerelle métallique

La passerelle piétonne, longue d’environ 100 mètres est inaugurée le 23 juin 1907 [2], dans le but de relier les rues Bobillot et Cacheux. [3]

 Film « Le Train »

Le film « Le Train », réalisé en 1964 par John Frankenheimer,, comprend plusieurs scènes tournées dans la gare marchandises de la Glacière-Gentilly.

La passerelle de la place de Rungis (extrait du film Le Train).
La passerelle et le bâtiment d’octroi, devant la place de Rungis.


La gare aux marchandises du côté de la place de Rungis (extrait du film Le Train).
Vue des installations de la gare marchandises le long de la rue Brillat Savarin. Au fond, la passerelle qui reliait la place de rungis àla rue des Longues Raies.


Un train de marchandises dans la gare de la Glacière-Gentilly (extrait du film Le Train).
Le train au départ dans la gare marchandises.

 Aller plus loin

 Bibliographie