Analyse des projets des candidats aux élections municipales à Paris de mars 2014

, par Association Sauvegarde Petite Ceinture (ASPCRF)

Dans cet article, nous analysons les réponses que nous avons recueillies auprès des candidats aux élections municipales ayant lieu à Paris en mars 2014, au sujet de l’avenir de la Petite Ceinture ferroviaire.

Pour un sujet annoncé par plusieurs candidats comme un « thème majeur » de la campagne des élections municipales à Paris de mars 2014, il eut été imaginable de recueillir facilement et rapidement les positions officielles. Tel ne fut malheureusement pas le cas ; au contraire, il a fallu dans la plupart des cas compter sur de multiples relances avant d’obtenir des réponses, finalement assez laconiques. Nous attendons d’ailleurs toujours celle de la liste « Paris libéré », qui explique « ne pas avoir les moyens d’un parti politique » (sic). Dans une démocratie moderne, on pourrait s’attendre à une communication politique plus efficace et réactive.

Nous allons d’abord présenter de manière générales les thématiques marquantes qui ressortent des projets présentés, et a contrario, les thématiques absentes. Puis nous passerons en revue les projets de chacune des listes qui nous ont répondu. Enfin, nous présenterons des projets de candidats locaux qui évoquent la Petite Ceinture, ainsi que les avis de syndicats et d’associations à l’occasion de la campagne pour ces élections municipales.

 1- Les thématiques présentes

Les projets présentés évoquent souvent les thématiques de volonté de concertation, de mise en valeur d’un « poumon vert » et de souhait de « reconquête », mais d’une manière qui appelle cependant quelques réserves.

 1.1- La volonté de concertation

La plupart des candidats proposent de réaliser leur projet sur la Petite Ceinture en concertation avec les habitants, en oubliant de citer les conclusions de la concertation organisée début 2013 par Réseau Ferré de France, l’établissement public propriétaire de la ligne, et la Ville de Paris, sur l’avenir de la Petite Ceinture ferroviaire,

Étrangement, cette concertation est absente du discours des candidats alors qu’un tel exemple de démocratie participative aurait pu être cité et utilisé !

Pourtant, les candidats ont eu connaissance, ont participé, voire même ont organisé pour l’équipe municipale sortante cette concertation. Nous en rappelons donc ici les points ayant fait consensus :

  • La réversibilité des aménagements pour ne pas hypothéquer l’avenir de l’infrastructure et les perspectives pour les prochaines générations ;
  • Le maintien de la continuité du linéaire ;
  • Le souhait de ne pas construire sur la Petite Ceinture ;
  • La compatibilité entre les usages, notamment entre le tram ou le train et la préservation de la biodiversité, l’aménagement d’équipements, d’espaces publics dans les vastes largeurs ;
  • La sauvegarde et la protection de la biodiversité du site, bien que tous n’entendent pas la même définition du mot « biodiversité », l’idée étant de concevoir des continuités et des liens avec l’écosystème urbain ;
  • La préservation de l’originalité d’un site particulièrement atypique, esthétique, riche en patrimoine et chargé d’une forte histoire ferroviaire.

 1.2- La mise en valeur d’un « poumon vert »

La notion de « poumon vert » s’appuie sur le fait qu’actuellement inutilisé pour du transport ferroviaire, l’espace de la Petite Ceinture contraste avec celui de la voirie urbaine. Principalement, son calme contraste avec le bruit de la circulation routière, tandis que la présence de végétation sur ses talus contraste avec le caractère souvent minéral des rues. Mais cette perception tend à faire oublier que plus d’un tiers des vingt-trois kilomètres de la ligne aujourd’hui disponibles sont en tunnel. Avec les sections en tranchée, souvent profondes, étroites et établies entre deux tunnels, seule la moitié de ces vingt-trois kilomètres est relativement accessible. Cette configuration donnerait lieu à une ensemble de squares isolés les uns des autres, à moins de les relier par la voirie, comme c’est le cas aujourd’hui de la promenade réversible et du parc Georges Brassens dans le 15e arrondissement, qui traverse un ensemble immobilier et nuit à la quiétude de ses habitants.

Par ailleurs, y’a-t-il un sens à parler de « poumon vert » alors que les émissions de polluants aériens ne diminuent pas en Île-de-France ?

Notre position à ce sujet est claire depuis de nombreuses années : il vaut mieux utiliser le potentiel de transport de la ligne pour faciliter le transfert sur rail des déplacements routiers et ainsi réduire la pollution et la dépendance aux énergies fossiles, tout en aménageant les espaces réellement inutiles au transport pour en faire des jardins ou préserver la végétation qui s’est développée sur les talus. Ce projet de mixité des usages de la Petite Ceinture est malheureusement rarement utilisé dans les projets des candidats, bien que les problèmes de pollution de l’air, de saturation des réseaux de transports en commun ferrés existants, et de coût de l’énergie se soient aggravés ces dernières années. Notons que l’actualité récente conforte notre position, puisque Airparif attribue la vague de pollution de l’air qui a duré plus d’une semaine début mars à « notre propre pollution qui est déterminante, avec la majeure partie due aux transports et après au chauffage. […] Il n’y a donc pas de secret, c’est sur la circulation de tout type qu’il faut agir et éventuellement sur le chauffage, notamment au bois. »

 1.3- Le souhait de la « reconquête »

Comme toute voie ferrée d’Intérêt Général, la Petite Ceinture fut construite par l’État à partir de 1852. L’expression de « reconquête de la Petite Ceinture par les Parisiens », souvent employée par les candidats favorables à un usage non ferroviaire du site, fait donc mine de nier qu’il s’agit d’une infrastructure publique n’ayant jamais appartenu à la Ville de Paris. Elle se trouvait même en dehors des limites de Paris jusqu’en 1860. Par ailleurs, depuis 2006, plusieurs associations d’insertion ont reçu délégation de la part de Réseau Ferré de France, l’établissement public actuellement propriétaire de la ligne, pour nettoyer et entretenir la plate-forme de la ligne, avec la mission de laisser libre de tout obstacle l’espace entourant les voies pour permettre le passage d’un train à tout moment. Il ne s’agit donc pas d’une ligne « abandonnée » comme on peut parfois le lire sous la plume de journalistes mal informés ou de politiciens adeptes de la méthode Coué.

 2- Les thématiques absentes

Dans les projets des candidats concernant la Petite Ceinture, les problématiques suivantes apparaissent peu (voire pas du tout) :

  • La crise énergétique, marquée principalement par la fin de l’ère des énergies fossiles bon marché qui affecte les transports - et pas seulement urbains, pensons aux difficultés de nombreuses compagnies aériennes à travers le monde ;
  • La crise écologique, marquée notamment par la problématique de la pollution de l’air, laquelle, couplée à la crise énergétique, pose la question de la nécessaire redistribution des déplacements de la route vers le rail et l’eau ;
  • Et la crise économique, qui tarit les flux de financement pour des grands projets.

Sans vouloir noircir le tableau des crises à affronter, nous avons eu peu d’écho de la prise en compte par les candidats de l’utilité de la Petite Ceinture en cas de crue exceptionnelle de la Seine, alors que les vingt-trois kilomètres de la ligne aujourd’hui disponibles ne furent pas inondés durant la crue de 1910.

Enfin, deux autres points ne sont pas non plus évoqués : le coût total des aménagements envisagés et le Schéma Directeur de la Région Île-de-France (STIF).

 2.1- Le coût des aménagements envisagés

La question du coût de l’aménagement d’une coulée verte sur la Petite Ceinture brille pour le moins par son absence : la location ou l’achat du terrain à Réseau Ferré de France, les aménagements prévus, les coûts de maintenance, comme celui des ascenseurs, les coûts supplémentaires liés aux éventuelles dégradations, etc. : très peu de ces éléments sont évoqués dans les programmes. Tout au plus apprend-t-on dans la presse du 20 mars que la candidate Nathalie Kosciusko-Morizet M veut consacrer 200 millions d’Euros en six ans à son projet. À croire qu’il n’existe ni crise économique et financière depuis 2007 !

 2.2- Le Schéma Directeur de la Région Île-de-France

Autre absent de marque des projets présentés, le Schéma Directeur de la Région Île-de-France (SDRIF) adopté en décembre 2013, qui impose le maintien du linéaire et la réversibilité de tout aménagement sur la ligne. De ce fait, toutes les propositions d’aménagements devront respecter techniquement comme financièrement cette contrainte.

 3- Les propositions des candidats pour le second tour

Comme pour le premier tour, malgré de multiples tentatives par l’ensemble des moyens de communication à notre disposition, il n’a été possible d’obtenir aucune réponse à deux questions pourtant très claires, à savoir :

  • Vous engagez-vous au maintien de l’intégrité du site de Petite Ceinture et permettrez-vous l’organisation de circulations ferroviaires ponctuelles, qui permettraient au plus grand nombre de découvrir la ligne en préservant les espèces végétales présentes et le caractère ferroviaire de la ligne ?
  • Vous engagez-vous à sanctuariser la réversibilité des aménagements pour une réutilisation future de la ligne en transport de voyageurs et de fret tout en respectant le cadre de vie des riverains ?

Nous devons donc nous contenter de vous proposer ce que nous avons pu savoir des clarifications apportées entre les deux tours par les deux principales listes encore en lice :

 3.1- Anne Hidalgo, Rassemblement de la Gauche et des Écologistes

L’accord programmatique qui a été conclu par les composantes de cette liste met en avant des objectifs ambitieux, notamment la lutte contre la pollution, l’amélioration de l’offre de transports en commun écologiques et l’amélioration de la qualité de vie. La Petite Ceinture Ferroviaire n’est pas oubliée puisqu’il est écrit : « Pour reconquérir la Petite Ceinture nous nous engagerons à garantir sa non constructibilité et la préservation de sa biodiversité. » mais cet accord ne répond toujours pas aux questions posées, visiblement trop précises pour qu’une réponse puisse éclairer les électeurs concernés (voir également plus bas notre analyse des réponses recueillies avant le premier tour).

 3.2- Liste d’Union UMP-UDI-MODEM avec Nathalie Kosciusko-Morizet

Le programme de cette liste affiche également des ambitions affirmées, notamment pour faciliter les déplacements, mais ne prend en compte la Petite Ceinture ferroviaire qu’en terme de site convertible en piste cyclable, sur une boucle étendue de 43 kilomètres (voir également plus bas notre analyse des réponses avant le premier tour).

On remarquera avec consternation qu’aucun programme ne fait mention de la concertation de 2013 sur l’avenir de la Petite Ceinture ferroviaire ni de son bilan.

 4- Les propositions des candidats recueillies avant le premier tour

Nous vous proposons à présent de passer au crible les réponses des candidats aux élections municipales de mars 2014 à Paris.

 4.1- Christophe Najdovski - Europe Écologie Les verts

Le candidat d’Europe Écologie Les Verts affirme dans son courrier de réponse que Réseau Ferré de France souhaite « abandonner toute vocation ferroviaire » sur les vingt-trois kilomètres aujourd’hui intégrés au Réseau Ferré National.

Pourtant, durant la concertation et dans son bilan publié en septembre dernier sur son site, Réseau Ferré de France indiquait déjà clairement souhaiter réactiver la section Nord et les raccordements de la Petite Ceinture avec les voies des gares de Paris-Lyon et Paris-Austerlitz.

Rappelons également que le véritable chef d’orchestre des transports en Île-de-France est le Syndicat des Transports d’Île-de-France (STIF), actuellement présidé par Pierre Serne (EELV), et d’ailleurs favorable à une vocation ferroviaire pour l’ensemble de la ligne (notamment du fret).

Le candidat évoque également le fait d’avoir consulté des experts en biodiversité. Or pendant la concertation de début 2013, un séminaire d’experts a justement réuni des spécialistes de la nature qui ont rappelé que les questions de biodiversité peuvent très bien être intégrées à un projet de transport.

Enfin, il ajoute : « chaque Parisienne et chaque Parisien seront dans le projet écologiste à moins de cinq minutes à pied d’un espace vert ». Jean-Charles Alphand, directeur des travaux de la Ville de Paris, avait déjà réalisé cet objectif… au XIXe siècle.

Aucune mention dans son programme de la concertation de 2013 ni de son bilan.

 4.2- Anne Hidalgo - PS, Gauche Unitaire, PCF, PRG, Génération Écologie

Anne Hidalgo partage l’analyse de notre association concernant la situation très critique du réseau de transports en communs francilien et reconnaît que la Petite Ceinture induit des enjeux des transports.
Elle propose des aménagements simples à l’image de celui réalisé dans le 15e. Rappelons que celui-ci, bien que simple a coûté 7 millions d’euros et coûte 320 000 Euros annuels à la Ville, sur un terrain qui reste propriété de Réseau Ferré de France. Ces aménagements auraient lieu sur la section sud pour l’essentiel. Elle reconnaît cependant qu’il ne sera pas possible d’en faire le tour à pied à cause des nombreux tunnels (40 % du linéaire).

Paradoxalement, à l’heure où Paris subit les pics de pollutions, elle souhaite aménager les tunnels… en salles de spectacle...

S’il n’y a aucun projet sur la partie Nord de la Petite Ceinture, ce n’est pas un « oubli ». Durant la concertation ainsi qu’à son issue, Réseau Ferré de France a clairement indiqué qu’il allait remettre en service à court terme la section Batignolles - Rosa Parks. Cette exploitation de la ligne ne serait pas incompatible avec les aménagements prévus dans les deux gares de l’avenue de Saint-Ouen et de la porte de Clignancourt.

 4.3- Nathalie Kosciusko-Morizet - UMP, UDI, Modem

Sans surprise, Nathalie Kosciusko-Morizet nous a rappelé sa volonté de créer une piste cyclable autour de Paris sur la Petite Ceinture. Rappelons de notre côté que la Petite Ceinture mesure aujourd’hui vingt-trois kilomètres (et non quarante-trois !) auxquels s’ajoutent les trois kilomètres utilisés par le RER C.

Elle considère qu’il est important de prendre en compte la qualité de vie des parisiens sans pour autant risquer une définition. Qu’est-ce ? Sur quel plan ? Pour qui ?

Elle indique que la ligne est dans un état « lamentable ». Or un remarquable travail est réalisé depuis 2006 au quotidien par les associations d’insertion grâce à la convention qui les lie avec Réseau Ferré de France et la SNCF. Les salariés de ces associations ramassent les détritus laissés par les promeneurs illégaux qui font des barbecues ou piques-niques sans avoir conscience des dangers potentiels que cela peut induire. Certains riverains n’hésitent pas non plus à se servir de la Petite Ceinture comme d’une déchetterie à ciel ouvert. Ces associations assurent également un entretien de la faune et de la flore sans utiliser de désherbants nocifs, afin de préserver ce corridor écolo-ferroviaire.

Dans le 15e arrondissement, sur le parcours de la promenade réversible ouverte durant l’été 2013, les travaux réalisés par la direction de l’Infrastructure de la SNCF ont permis de redonner une nouvelle jeunesse aux installations ferroviaires en régénérant la voie.

Enfin, la fameuse reconquête est toujours présente dans les discours bien qu’elle n’ait jamais été réelle dans les faits !

Enfin, aucune mention dans son programme de la concertation de 2013 ni de son bilan.

 4.4- Nouveau Parti Anticapitaliste

La réponse du NPA ne nous est pas parvenue. Cependant, la liste du NPA à Paris est la seule qui propose clairement dans son programme la remise en service d’un transport public sur la Petite Ceinture : « ré-ouvrir la petite ceinture ferroviaire à Paris, ligne connectée avec 2 lignes de RER et 9 de métro. Cette ligne servirait aussi de dessert de Fret, car elle est reliée à des sites ferroviaires. »

 4.5- Wallerand de Saint-Just - Front National

La réponse du Front National est courte et expéditive. L’idée d’utiliser la ligne pour du transport ferroviaire semblerait être admise.

La priorité pour le candidat est l’évacuation du camp de Roms de la Porte de la Chapelle, situé sous les voies des trains parcourues par les trains de banlieue, les rames des lignes de RER B et D, ainsi que par celles de l’Eurostar, du Thalys et du TGV.

Ce camp a été évacué par Réseau Ferré de France et les forces de l’ordre, suite aux procédures judiciaires engagées par le responsable pénal de la ligne qu’est Réseau Ferré de France et non la SNCF comme indiqué dans le courrier reçu de M. Saint-Just.

Aucune mention dans son programme de la concertation de 2013 ni de son bilan

 4.6- Danielle Simonet - Front de Gauche

Le courrier de Mme Simonet est assez dense et aborde plusieurs sujets à la fois. On nous indique que la ligne mesure trente kilomètres alors qu’elle ne compte que vingt-trois kilomètres de disponible.

C’est la seule à s’engager clairement sur deux points précis : préserver la continuité du linéaire et garantir la réversibilité des aménagements.

Elle souhaite assurer des réserves foncières pour des zones logistiques favorisant le report modal de la route vers le rail.

Elle considère, tout comme Réseau Ferré de France d’ailleurs, que les sections Batignolles-Rosa Parks et Paris Lyon-Paris Austerlitz méritent d’être réactivées dès aujourd’hui. Un linéaire plus global allant de la gare des Gobelins aux Batignolles semble trouver intérêt à ses yeux.

Par ailleurs, un maillage écologique est loin d’être incompatible avec un maillage ferroviaire.

Enfin, elle considère la Petite Ceinture ferroviaire comme un sujet structurant pour le territoire.

Aucune mention dans son programme de la concertation de 2013 ni de son bilan.

Nous pouvons regretter qu’en dehors de son courrier, Danielle Simmonet n’a jamais évoqué la vocation ferroviaire de la ligne, ni dans sa campagne, ni dans son programme.

 4.7- Paris Libéré

Dernière liste à nous répondre (et hors délai), la liste Paris Libéré souhaite « récupérer le foncier disponible au niveau de l’ancienne voie ferrée désaffectée du pourtour parisien, afin de pouvoir y construire des logements, des espaces vers ainsi qu’une pépinière d’entreprise dans le 12e arrondissement (ZAC Bercy Charenton) » (…) non sans prévoir de (…) « consulter les parisiens sur ce projet. »

Cette réponse rentre étrangement en contradiction avec deux éléments du programme :

  • « Poursuite du projet Charles De Gaulle-Express en lien avec toutes les institutions concernées. Étude de l’implantation de son terminal sur le site Rosa Parks qui permettrait une connexion avec la Petite Ceinture remise en circulation. »
  • Mais aussi « Construction de pistes cyclables sur l’ancienne voie ferrée du pourtour parisien. »"

En conclusion, difficile de s’y retrouver.

 5- Quelques projets locaux qui nous sont parvenus

Après les réponses données par les têtes de liste parisiennes, voici quelques projets par différents candidats dans l’arrondissement où ils se présentent.

 5.1- Benoît Pernin, UDI, Paris 12e

Fidèle à la position de son père, il refuse toute option ferroviaire et ne propose comme ambition locale qu’un espace vert, sans tenir compte de l’intégrité de la ligne.

 5.2- François Dagnaud, Parti Socialiste, Paris 19e

Il propose des aménagements réversibles et légers, comprenant des parcours récréatifs et sportifs, tout en préservant la tranquillité des riverains. Tout un programme, déjà sujet à l’opposition d’une partie des riverains lors de la concertation de l’an dernier !

 5.3- Bernard Jomier, EELV, Paris 19e

Le souhait d’organiser une concertation est là encore exprimé, sans citer celle réalisée l’an dernier. Là encore, un projet de promenade est envisagé.

Rappelons ces quelques chiffres liés à la promenade réversible ouverte dans le 15e arrondissement durant l’été 2013, d’une longueur de seulement 1,3 kilomètres, contre 23 kilomètres pour l’ensemble des sections Sud, Est et Nord de la Petite Ceinture :

  • 7 millions d’Euros de travaux ;
  • Au moins 47 arbres abattus ;
  • 200 000 Euros annuels de location à payer auprès de RFF ;
  • 10 000 Euros dépensés chaque trimestre pour la maintenance des ascenseurs ; ce prix est valable pour la seule maintenance courante et n’inclut donc pas les frais liés aux dégradations.

 5.4- Raoul Delamare, UDI, Paris 20e

M. Delamare a pu se rendre légalement sur les emprises de la Petite Ceinture à la gare de la rue d’Avron, afin de se rendre compte de la dimension historique et du potentiel en terme de transport de la ligne.

Une zone logistique est envisagée à la place de l’actuel centre bus de la porte de Vincennes, afin de faciliter un report modal permettant de diminuer le nombre de kilomètres parcourus par des camions dans Paris. Rappelons à ce sujet qu’aujourd’hui, 84% des marchandises sont en effet acheminées à Paris par camion.

La mixité des usages, grandement évoquée lors de la concertation l’an dernier, est adaptée à l’échelle locale en utilisant le bâtiment la gare comme lieu culturel et la voie ferrée comme moyen de déplacement.

Plus globalement, le candidat prend en compte les questions liées à la forte hausse des déplacements ainsi que celui de la hausse du coût de l’énergie.

 6- Et aussi

D’autres contributeurs ont émis récemment des vœux concernant l’avenir de la Petite Ceinture Ferroviaire :

  • L’Union Interfédérale des Transports / Union Départementale de Paris CGT / Union Régionale CGT Île-de-France, qui interpelle les candidats pour faire rouvrir la Petite Ceinture ;
  • Le COPEF (Cercle Ouest Parisien d’Études Ferroviaires), qui s’insurge des propositions des candidats, qui « s’approprient la Petite Ceinture comme Poutine la Crimée » ;
  • L’AUT - FNAUT Île-de-France, qui a également interrogé les candidats sur les transports sur la question de l’avenir de la Petite Ceinture Ferroviaire, et qui déplore qu’« Aucun, trois fois hélas, n’envisage de réutilisation ferroviaire même partielle de la Petite Ceinture ». Elle déclare : « à Paris, les deux candidates principales (…) veulent aliéner l’emprise de la Petite Ceinture parisienne, qui pourrait être rouverte et mise en correspondance avec toutes les lignes de métro (sauf les 2 et 6) et de RER (sauf la A) : Paris est la seule capitale européenne à négliger une telle opportunité. »

 7- En guise de conclusion

Sur le plan pratique, nous déplorons le mauvais exemple donné par des candidats qui ont pénétré sur l’emprise ferroviaire de la Petite Ceinture, sans aucune autorisation ni équipements de sécurité pour s’y faire photographier, filmer ou interviewer.

Nous espérons que ces éléments d’information éclaireront - du moins sur ce sujet - vos choix d’électeur pour l’équipe qui dirigera la capitale durant les six prochaines années.

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