Activités de l’Association Sauvegarde Petite Ceinture

, par Association Sauvegarde Petite Ceinture (ASPCRF)

Même les yeux fermés, il me paraît impossible d’imaginer un futur désirable dans lequel la voiture automobile jouerait encore le premier rôle. Gaspillerait une notable fraction de nos revenus. Dilapiderait ce qui reste encore de pétrole dans les cuves de la planète. Moi, quand je rêve pour de bon, je songe au train.
 
Le train est la preuve indiscutable qu’une autre voie de transport était possible. Il fut un temps, proche encore, où une multitude de lignes, parfois microscopiques, sillonnaient le paysage. J’en connais personnellement trois. L’une, qui reliait jadis Audierne à Douarnenez, par le Goyen, un petit fleuve côtier. Il en est des traces, que j’admire à chaque passage. La deuxième part d’Alzon, dans le Gard, et monte - montait - sur le plateau du Larzac, et au-delà. La troisième, qu’on appelle la Petite Ceinture, encerclait Paris. Elle a encore, en quelques lieux de la Capitale, des fulgurances de ce passé si proche.

Extrait de l’article « Un mot sur ce train magnifique qui faillit bien exister » du journaliste Fabrice Nicolino, publié sur son blog Planète sans visa, le 11 janvier 2010.

 Participation aux débats sur des projets institutionnels

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Plan de situation du futur pôle Eole-Evangile.
Les lignes de RER et de tramway cohabitent avec la Petite Ceinture.

Depuis 1992, l’ASPCRF est en contact avec les différentes institutions intéressées par cette ligne : Réseau Ferré de France (propriétaire de l’infrastructure), la SNCF (gestionnaire délégué d’infrastructure), le Syndicat des Transports d’Île-de-France (autorité organisatrice des transports d’ Île-de-France, actuellement piloté par l’État), le Conseil Régional d’Île-de-France (actuel co-financeur des projets d’infrastructure de transport, futur responsable du STIF), la Ville de Paris (membre du CA du STIF) et l’Atelier Parisien d’Urbanisme (dépendant de la Ville de Paris).
Depuis sa création, l’ASPCRF est intervenue dans différentes commissions de travail, pilotées par la Ville de Paris ou le Conseil Régional d’Île-de-France. Ainsi, elle participa aux travaux de la Commission Extra-Municipale Déplacement (CEMD) de la Ville de Paris. Elle fut également membre, de septembre 1998 à mars 2001, de la Commission de réflexions et d’études relatives à l’avenir de la Petite Ceinture, plus connue sous le nom de Commission « Bulté » (du nom de l’Adjoint au Maire de Paris de l’époque chargé de ce groupe de travail), lancée par le Maire de Paris.

L’ASPCRF participa aux travaux de réflexion concernant l’implantation du tramway au Sud de Paris, future ligne de tramway T3, entre 1995 et 2003. Nous avions alors préconisé le tracé de la Petite Ceinture. Mais finalement, le choix s’est porté sur les boulevards des Maréchaux et la ligne T3 fut mise en service fin 2006.

Sur un autre projet de tramway, le prolongement de la ligne de tramway T2, l’ASPCRF défendit l’utilisation de la Petite Ceinture entre le boulevard Victor et porte de Versailles, dans le 15e arrondissement. Mais finalement, le tracé routier situé au Sud du Boulevard Périphérique fut adopté, malgré l’avis défavorable de la Commission d’Enquête.

Sur ces deux projets, l’ASPCRF ne remet pas en cause l’intérêt des tracés adoptés, mais tient à rappeler qu’en terme de capacité de transport, la Petite Ceinture permet de dépasser les limites imposées en termes de vitesse et de gabarit du matériel ferroviaire par les contraintes de circulation sur la voirie.

Actuellement, l’ASPCRF participe aux débats sur le futur pôle Éole-Évangile. Située entre Magenta et Pantin, à la frontière des 18e et 19e arrondissements de Paris, dans le secteur de l’ancienne station Est-Ceinture, cette future gare favorisera la desserte du quartier de la porte d’Aubervilliers et permettra des correspondances avec les futures lignes de tramway qui seront réalisées dans ce secteur dans les années à venir :
- Prolongement de la ligne T3 jusqu’à la porte de la Chapelle (mise en service prévue fin 2012),
- Seconde phase de la ligne de tramway T8 (également denommée « Tram’Y »).

Nous proposons que des dispositions soient prises afin de garantir la possibilité de raccorder la future ligne T8 à la Petite Ceinture, dans le cadre de son prolongement vers l’Est. La remise service des sections Nord et Est de la Petite Ceinture à cette occasion permettrait d’améliorer considérablement la desserte de quartiers actuellement mal desservis (Charonne, Ménilmontant, le parc des Buttes Chaumont, la porte d’Aubervillers...) en leur offrant une liaison entre le réseau existant et la future gare de la ligne E du RER situé dans le secteur Évangile-Aubervilliers. Cette nouvelle desserte compléterait avantageusement la ligne T3. En effet, alors que la section Sud de la Petite Ceinture ferroviaire est voisine des boulevards des Maréchaux, la section Est s’éloigne de ces mêmes boulevards pour s’enfoncer dans Paris jusqu’à la hauteur du cimetière du Père Lachaise et du parc des Buttes Chaumont.

 Organisation de trains spéciaux de découverte

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Le train à quai, station Pont de Flandre.
Cliché : Romain Mortelette Tous droits réservés.

Outre ces projets concernant des lignes de tramway au Sud de Paris, la décennie 2000 fut marquée par la signature, en juin 2006, entre la Ville de Paris et Réseau Ferré de France d’un protocole d’accord d’une durée de cinq ans, sur la préservation et la valorisation de la Petite Ceinture. Ce protocole envisage la Petite Ceinture dans sa globalité (« effet réseau ») et réaffirme l’appartenance de la Petite Ceinture au réseau ferré national ainsi que l’intégrité de son tracé.

Aujourd’hui, tenant compte de l’existence de ce protocole d’accord et de la mise en service de la ligne de tramway T3, l’ASPCRF étudie avec des partenaires un projet de valorisation culturelle de la Petite Ceinture Rive Gauche de Paris. En effet, il nous semble important de défendre l’idée que la volonté de Réseau Ferré de France de préserver la Petite Ceinture pour une utilisation ferroviaire à moyen ou long terme serait renforcée par une mise en valeur ferroviaire à court terme. À cette fin et afin de sensibiliser la population et les élus, nous travaillons actuellement sur l’organisation de nouvelles circulations ferroviaires exceptionnelles destinées au grand public. L’ASPCRF possède déjà une solide expérience dans ce domaine puisqu’elle a organisé des circulations, en partenariat avec RFF et la SNCF, entre 1993 et 2003, qui ont connu un large succès auprès du grand public et des médias (3 juillet 1993, 4 décembre 1999, 11 novembre 2000, 22 juin 2003, 9 novembre 2003). La remise à niveau de l’infrastructure, propriété de Réseau Ferré de France, est actuellement un préalable au retour de cette activité ferroviaire touristique. Nous espérons pouvoir à nouveau organiser ces événements.






 Défense du patrimoine de la Petite Ceinture

Schéma des stations à cheval sur les voies de la Petite Ceinture Rive Gauche. Élévation du côté des voies. {JPEG}

Outre les trains spéciaux, toujours dans le but de faire connaître le patrimoine de la Petite Ceinture, l’ASPCRF organisa les visites des gares de Vaugirard-Ceinture et du Pont de Flandre lors des Journées du Patrimoine en 2002, en partenariat avec RFF et la SNCF.

L’ASPCRF répond régulièrement à des étudiants, des journalistes et des documentaristes qui la contactent au sujet de la Petite Ceinture ferroviaire.

L’ASPCRF intervient également depuis 2008 sur le dossier de la préservation du bâtiment voyageurs de la gare de Montrouge-Ceinture. Fermée aux voyageurs en juillet 1934, cette gare, située à proximité de la Porte d’Orléans, fait l’objet depuis 2007 d’une menace de démolition suite à la mise en vente du bâtiment par la SOVAFIM (société publique chargée de la vente des biens de l’État). L’importante mobilisation du conseil de quartier Jean Moulin-Porte d’Orléans, d’associations locales et du Conseil du 14e arrondissement, ont permis le dépôt d’une demande d’examen de l’intérêt de préserver ce bâtiment auprès de la Commission du Vieux Paris. Cet examen a permis de dépasser une analyse purement locale au bénéfice d’une analyse à l’échelle de l’ensemble de la Capitale. Notre Association, ainsi que l’AHICF et la Direction de l’architecture et du patrimoine du Ministère de la Culture, ont mis avant la nécessité d’apporter des mesures de protections pour les autres bâtiments voyageurs de la Petite Ceinture manifestement oubliés lors de l’élaboration du Plan Local de l’Urbanisme et ne bénéficiant, de fait, d’aucune mesure conservatoires. Ce travail a permis de mettre en évidence auprès de la Commission du Vieux Paris « l’effet réseau » de la Petite Ceinture, c’est à dire l’existence d’un réseau de gares, élements du patrimoine parisien et francilien, reliées par la plateforme continue de la ligne et s’intégrant dans un réseau plus vaste, le réseau ferroviaire régional.
Ces bâtiments sont les suivants :
- Montrouge-Ceinture (14e), à proximité de la porte d’Orléans,
- Boulevard Ornano (18e), à proximité de la porte de Clignancourt,
- Avenue de Saint-Ouen (18e), à proximité de la porte de Saint-Ouen,
- Pont de Flandre (19e), à la sortie de la station de métro Corentin Cariou.

Suite au vœu de la Commission du Vieux de Paris, le Conseil de Paris a émis, en date des 20 et 21 octobre 2008, un avis favorable à l’engagement par le Maire de Paris d’une procédure de modification du Plan Local de l’Urbanisme visant à sauvegarder les quatre bâtiments concernés.

 Aller plus loin

- Cliquer ici pour accéder à une chronologie des débats, des études et des projets concernant la Petite Ceinture depuis 1993.