Ceinture Express

Le blog d’actualité de l’Association Sauvegarde Petite Ceinture

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - Archives

mercredi 24 février 2010

Description de la Petite Ceinture Rive Gauche dans l’hebdomadaire « Le Monde Illustré », en 1867

La Petite Ceinture Rive Gauche fut mise en service le 25 février 1867 pour le transport des voyageurs et des marchandises. L’article que nous vous présentons, signé par Léo De Bernard, parut dans les pages 154 et 155 du numéro 517, daté du 9 mars 1867, de l’hebdomadaire « Le Monde Illustré ». Il insiste notamment sur les difficultés rencontrées lors de la construction de cette section de la Petite Ceinture et dues à la présence d’anciennes carrières. Ils présentent également les nombreux ouvrages d’art, qui font que cette section ressemble à certains endroits à une ligne de montagne.

Les illustrations sont également extraites de ce numéro.


 CHEMIN DE FER DE CEINTURE

Le Monde Illustré a rendu compte dans son numéro du 14 octobre 1865 des travaux entrepris à Auteuil pour la construction du chemin de fer de Ceinture et notam­ment des viaducs d’Auteuil, du Point-du-Jour et de Javel. La totalité du chemin de fer ayant été livrée au public le 24 février 1867, voici les principaux détails relatifs au reste de cette voie entre Vaugirard et Bercy.

Après avoir quitté la gare d’Auteuil on traverse sur les viaducs qui viennent d’être nommés la vallée de la Seine, à 21 mètres au-dessus du niveau de l’étiage, et après avoir joui du panorama, à droite de Saint-Cloud et Suresnes, à gauche de tout Paris, on arrive à la station du Point-du-Jour, établie dans le corps même du viaduc, puis à celle de Grenelle d’où se détache l’embranche­ment provisoire qui conduit jusqu’au Palais de l’Exposi­tion universelle. Cet embranchement construit sur les rem­blais provenant en grande partie des chantiers du Trocadéro est destiné plus tard à être supprimé, et les terres qui en constituent la plate-forme serviront presque à pied d’œuvre à élargir et à améliorer le quai.

De la gare de Grenelle on arrive à celle de Vaugirard, puis après avoir traversé un souterrain de 300 mètres de longueur, fondé à une profondeur considérable dans les catacombes, à celle de l’Ouest-Ceinture, qui permet la correspondance entre le chemin de fer de Ceinture et la gare de Mont-Parnasse. De cette dernière station à celle de Montrouge, le chemin se trouve tout en tranchée de 10 mètres en moyenne, dont les parois sont revêtues en maçonnerie parementée en mosaïque. On arrive au bâtiment des voyageurs, établi sur un petit tunnel creusé au-dessous de la route par deux escaliers en pierre de taille qui débouchent sur les trottoirs de la station, disposition adoptée pour la majeure partie des stations de la ligne.

De la station de Montrouge à celle de Gentilly on tra­verse le souterrain de Montrouge, long de 905 mètres et sur lequel doit être établi le square futur de Montsouris. Cet ouvrage sur lequel passe ainsi le chemin de fer de Sceaux [1], à 22 mètres au-dessus du niveau du chemin de fer de Ceinture, a donné lieu à des travaux considérables et difficiles de consolidation dans les catacombes de Paris. Ces travaux ont présenté d’autant plus de diffi­cultés que la pente du souterrain est de 0,01 centimètre par mètre, ce qui fait pour toute la longueur 9 mètres de dénivellation, et que le sol ferme des catacombes qui se trouve à l’embouchure, vers Auteuil, à 7 mètres environ sous la voie, reparaît à l’embouchure opposée, à 5 mètres au-dessus de la même voie. Des travaux de grande im­portance ont donc dû être faits pour la solidité de cet ouvrage, dont l’aérage est assuré par deux puits inclinés prenant naissance au sommet de la voûte et débouchant à l’air libre sur le plateau même de Montsouris. On peut juger de la nature du sol en sortant du souterrain de Montrouge par les voûtes ajourées qui bordent la tran­chée d’Arcueil et dont le vide permet d’apercevoir les diverses couches du rocher dans lequel cette tranchée a dû être creusée.

JPEG - 305.2 ko
La tranchée du parc Montsouris en 1867
Vue de la tranchée du parc Montsouris et de l’actuelle rue Liard. Au premier plan, le pont de la rue Gazan.

À peine sous le pont-aqueduc qui amène à Paris les eaux d’Arcueil, les seules qui autrefois alimentaient ce quar­tier, et on arrive à la rue de la Glacière [2], traversée sous un nouveau tunnel, dont la voûte supporte la station de Gentilly.

En quittant cette station et après une nouvelle tran­chée on aperçoit la vallée de la Bièvre, penchée sur un remblai de 8 mètres et deux viaducs en maçonnerie, puis on entre dans une tranchée nouvelle que sillonnent de nouveaux ponts pour le passage de la rue du Bel-Air [3], du Moulin-de-la-Pointe et du boulevard d’Italie qui tra­verse la ligne sur un nouveau tunnel et en bordure du­quel est construite la station de Maison-Blanche, — à che­val comme les précédentes sur la voie ferrée.

De là, entre deux murailles de figure variable qu’ont déterminées des difficultés spéciales, on passe sous la route de Choisy, sous celle d’Ivry, et enfin sous un nouveau souterrain de 202 mètres de longueur, entière­ment bâti comme celui de Montrouge sur le sol dange­reux des carrières ; puis on débouche dans la tranchée du Chamaillard, d’où le spectateur aperçoit le panorama de Vincennes, de la Seine et des campagnes d’Ivry.

À partir de ce point commence un remblai considé­rable, sur la plate-forme duquel est construite la station d’Orléans-Ceinture, laquelle amènera la communication future des deux lignes de fer.

Une travée métallique de 16 mètres de portée franchit la rue Jeanne d’Arc [4] ; une autre bien plus importante, de 45 mètres, sans appui intermédiaire, enjambe les huit voies de la ligne d’Orléans et la route qui les longe ; — puis le remblai se continue sans interruption jusqu’au pont Napoléon [5], construit il a déjà quelques années pour le passage du chemin de Ceinture (rive droite) et son raccordement avec la gare principale du chemin de fer d’Orléans [6].

Le chemin de fer de Ceinture (rive gauche) présente, au point de vue de la construction, des ouvrages de tout genre et de toute espèce. D’Auteuii à Bercy, sur 12 kilomètres environ de parcours, on compte effectivement :
- 3 grands souterrains,
- 3 tunnels,
- 3 viaducs,
- 19 ponts en pierre sur ou sous la voie,
- 7 travées en fer,
- 5 passerelles en charpente,
- 8 stations de divers genres, sans parler des autres ouvrages accessoires.

Il n’y a pour ainsi dire pas un seul point où des tra­vaux exceptionnels n’aient dû être entrepris. Pour ne citer qu’une section, celle de Montrouge à Bercy, dont la longueur est de 4,900 mètres, on y rencontre 1,470 mètres de longueur couverts par des voûtes ou passant sur des viaducs, 1,000 mètres de grands remblais, 2,400 mètres de grandes tranchées, 1,860 mètres de murs de soutènement. Sur la longueur de 4,900 mètres, 2,200 mè­tres, c’est-à-dire près de moitié, a dû être l’objet de con­solidations dans les carrières ; et ces consolidations à elles seules ont exigé 26,400 mètres cubes de maçon­nerie.

JPEG - 552.1 ko
La Poterne des Peupliers en 1867
La poterne des Peupliers au-dessus du bras Ouest de la Bièvre. Au fond, le boulevard Kellermann.

Les travaux, vus du chemin de fer, quelque consi­dérables que le spectateur puisse les juger à simple vue, n’ont offert en effet qu’une portion secondaire des difficultés qu’il a fallu vaincre pour la construction de cette ligne. Ceux qu’on n’aperçoit pas offrent un grand intérêt et piqueraient à coup sûr la légitime curiosité de ceux qui pourraient, en descendant par les portes ména­gées de distance en distance dans les murs de soutène­ment, pénétrer dans les galeries souterraines qu’on a dû créer de toutes pièces pour consolider et maintenir les ouvrages apparents.

En effet, au-dessous du sol de Paris, surtout de la rive gauche, et à des profondeurs souvent considéra­bles, se développe et grandit une industrie locale, celle des champignonnistes, et l’on se doute peu, en parcourant les quartiers de Montrouge et de Gentilly, que dans les entrailles du sol se cultive, croît et se récolte une masse énorme des champignons qui se voient dans les marchés de la Capitale.

Rien pourtant n’est plus propre à faciliter la culture de ces végétaux que l’obscurité et la température tou­jours égale et humide que l’on rencontre dans les vides considérables résultant de l’exploitation successive, par les carriers du voisinage, du banc calcaire de bonne qua­lité que l’on employait jadis aux constructions civiles, alors que les voies de communication ne permettaient pas comme aujourd’hui de recourir à de meilleurs maté­riaux et à des localités plus éloignées. Ces vides ont donc servi de refuge aux champignonnistes.

Mais comme ils ont été abandonnés pour la plupart à eux-mêmes depuis de longues années, sans travaux de consolidation suffisants et pour ainsi dire sans surveil­lance, ils ont subi, par suite de la pression du terrain supérieur, des déchirures et des déformations sensibles. Il est donc dangereux, sinon de circuler temporairement dans les méandres de ces galeries, au moins d’en trou­bler l’équilibre d’une manière aussi radicale que l’on s’est vu obligé à le faire pour les travaux du chemin de fer de Ceinture, dont les exigences conduisaient forcément à passer tantôt au-dessus, tantôt au-dessous, tantôt même au milieu de ces cavités peu connues et peu faciles à dé­terminer nettement.

JPEG - 535.9 ko
Le pont de la rue de l’Interne Loeb au-dessus de la Bièvre en 1867
Le pont au-dessus du bras Est de la Bièvre, à la hauteur de l’actuelle rue de l’Interne Loeb.

Partout où le sol ferme n’était pas trop profond, il a fallu le chercher pour y asseoir les fondations des ou­vrages vus ; mais dans les points, et ils sont nombreux, où cette profondeur trop considérable eût entraîné a des dépenses non justifiées et à un retard incalculable, on a creusé préalablement et par parties, sous chaque ouvrage projeté, des galeries régulières qui ont permis de s’assu­rer de la manière la plus exacte, de la qualité du terrain. De chaque côté de ces galeries on a créé des murs épais pour soutenir le ciel des excavations et, entre ces murs, sur toute la longueur de la voie, on a consolidé l’assiette de la plate-forme destinée à recevoir les rails, soit par de nouvelles maçonneries, soit par des terres fortement drainées. On a ménagé aussi tout le long des murs et de chaque côté du chemin une sorte de rue, parfois voûtée, qui permet d’examiner, de réparer, en cas de besoin, et qui assure par des agencements conve­nablement combinés, tous les services auxquels donnent lieu les catacombes parisiennes. Ce que nous venons de dire montre que sur une grande partie du parcours du chemin de fer de Ceinture, au-dessous des ouvrages vus, existe un véritable réseau de rues et galeries souter­raines correspondant le plus souvent aux rues traversées par la ligne elle-même, et l’on peut se faire une idée, par la difficulté des travaux apparents, de ce que les au­tres ont dû offrir d’imprévu et de dangers.

Il s’est présenté en effet, dans ces ouvrages spéciaux d’exploration, non-seulement des eaux de suintement fort gênantes pour les ouvriers, mais encore des fontis très-fréquents résultant des brisures du ciel des galeries, surtout lorsque ces galeries, mal soutenues, se réunis­saient pour former des carrefours spacieux. On a décou­vert un grand nombre de ces points dangereux ; on a même rencontré des cloches dont la hauteur allait jus­qu’à 7 et 8 mètres et dont le moindre attouchement dé­tachait le sommet.

Des précautions toutes spéciales ont dû être employées pour consolider sans accident ces endroits périlleux, et on y est heureusement parvenu.

Aujourd’hui tout ce travail délicat, pénible et vérita­blement utile du chemin de fer de Ceinture (Rive Gauche) est achevé. Il a duré quatre années, et c’est peu si l’on envi­sage les difficultés et les sujétions de toute nature chaque jour rencontrées, et on peut le dire aujourd’hui, heureu­sement vaincues.

Depuis le 25 février et pour quelques centimes, on peut en moins d’une heure et demie faire le tour de Paris. C’est une excursion facile, intéressante, peu dispendieuse, et surtout à l’approche de l’Exposition uni­verselle, ce sera un grand bienfait pour la population de pouvoir s’y rendre à bon marché, sans fatigue et sans perte de temps.

L’avantage du réseau ne sera pas moindre pour le transit des marchandises. Relié comme il l’est déjà, ou comme il ne saurait manquer de l’être prochainement à toutes les gares principales de nos voies ferrées, il don­nera le moyen d’éviter l’opération si laborieuse et si coûteuse surtout du transbordement. Un wagon chargé à Brest parviendra directement à Lille, à Marseille, et nos grandes voies parisiennes ne pourront qu’y gagner au point de vue de l’aspect, de la commodité et de l’encom­brement, en même temps que le commerce général y trouvera un allégement incontestable dans les faux frais qui grèvent encore le prix des transports, au grand pré­judice de la consommation et du bien-être général.

Léo De Bernard.

 Notes

- [1] L’actuelle station « Cité Universitaire » de la ligne B du RER,
- [2] L’actuelle rue de l’Amiral Mouchez,
- [3] L’actuelle rue Damesme,
- [4] L’actuelle rue de Patay,
- [5] L’actuel pont National,
- [6] La gare d’Austerlitz.

dimanche 21 mars 2010

Les trains grandes lignes qui empruntaient la Petite Ceinture

JPEG - 465.5 ko
Billet pour un train grandes lignes empruntant la Petite Ceinture.
Billet de train délivré par l’agence de voyages Thomas Cook & Son à Londres le 18/11/1912 et permettant d’emprunter la Petite Ceinture entre les gares du Nord et de Lyon à bord d’un train grandes lignes.

En plus du transport de marchandises et du service urbain de voyageurs, la Petite Ceinture fut également utilisée de 1864 à 1989 pour faire circuler des trains grandes lignes, afin d’éviter les transbordements entre les gares terminus parisiennes. Ces trains étaient surnommés des « trains de jonction ». D’abord limité aux circulations hebdomadaires de la fameuse Malle des Indes, ce trafic s’accrût avec le développement des trains internationaux. [1]

JPEG - 293.1 ko
La Malle des Indes.
Le Calais-Brindisi, la fameuse Malle des Indes, qui empruntait la Petite Ceinture, tiré ici par une machine de la Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM).

JPEG - 279.5 ko
un train grandes lignes traverse la gare de Ménilmontant.
Passage à la gare de Ménilmontant d’un train grandes lignes de jonction entre les gares de Lyon et du Nord, comportant des voitures de la Compagnie Internationale des Wagons Lits (CIWL).

JPEG - 78.7 ko
Cliché : Michel Joindot. Tous droits réservés.
Le 4 avril 1974, la tranche Rome-Calais Maritime destinée au rapide 401 "La Flèche d’Or" quitte Paris-Lyon et s’engage en direction de Paris-Nord derrière la BB 63950.

À l’été 1988, il y avait encore quatre trains grandes lignes qui empruntaient quotidiennement la Petite Ceinture :

  • Train numéro 2502 :
    • Départ Paris Nord 19h40
    • Arrivée Paris Gare de Lyon 20h06 (Boulogne Maritime - Napoli C.).
  • Train numéro 2524 :
    • Départ Paris Nord 22h55
    • Arrivée Paris Gare de Lyon 23h20 (Calais Maritime - Venezia).
  • Train numéro 5224 :
    • Départ Paris Gare de Lyon 06h40
    • Arrivée Paris Nord 07h12 (Venezia - Boulogne Maritime).
  • Train numéro 5202 :
    • Départ Paris Gare de Lyon 09h20
    • Arrivée Paris Nord 09h47 (Napoli C. - Boulogne Maritime).
JPEG - 339.6 ko
Un train de jonction à Bel-Air.
En 1985, un train de jonction se dirige en fin de journée vers la gare de Lyon, dans le 12e arrondissement.

 Bibliographie

[1] B. Carrière. La Saga de la Petite Ceinture, éditions de la Vie du Rail.

 Aller plus loin

Histoire de la Petite Ceinture ferroviaire

mercredi 7 octobre 2009

À la recherche des gares de la Petite Ceinture

JPEG - 196.7 ko
La Petite Ceinture et ses gares de voyageurs en 1921 (trait gras).
Son également tracés les raccordements entre la Petite Ceinture et les autres lignes de chemin de fer dans Paris.
PNG - 62.6 ko
Liste des gares de la Petite Ceinture en 1911. Extrait du Livret de marche des Trains.

Le chemin de fer de Petite Ceinture forme un réseau en forme d’anneau dont les gares ou stations voyageurs représentent les jalons. Aujourd’hui encore, même si l’anneau a été ouvert dans le Sud du 16e arrondissement par la destruction d’une partie de la plate-forme ferroviaire et la reconversion d’une autre partie, la majorité des gares existe encore. Mais les retrouver relève souvent du jeu de piste. C’est encore plus vrai pour les traces des gares détruites.

Pour commencer cette enquête, faisons un inventaire de ce patrimoine : sur les vingt-neuf gares de la Petite Ceinture, il en subsiste dix-sept, au sens où les bâtiments voyageurs existent encore. Pour les douze autres, les bâtiments voyageurs ont été démolis entre les années Cinquante et Quatre-Vingt et seuls subsistent parfois des traces des quais ou de ces bâtiments.

La liste des bâtiments subsistants est la suivante si l’on parcourt la Petite Ceinture dans le sens des aiguilles d’une montre :

Notons que l’ensemble des gares de l’ancienne ligne d’Auteuil a été préservé grâce à la subsistance d’un service de voyageurs jusqu’en 1985.

Sur ces dix-sept bâtiments, Quatre sont aujourd’hui en service car utilisées par le RER C :

  • Avenue Henri-Martin,
  • Avenue du Bois de Boulogne (aujourd’hui Avenue Foch),
  • Neuilly Porte Maillot,
  • Courcelles-Levallois (aujourd’hui Péreire Levallois).

Trois ont été transformées en bars-restaurants :

Les dix autres, soit la majorité, sont souvent méconnues car soit elles sont occupées par des magasins divers et leurs façades d’origine sont masquées par les ajouts de ces commerces (comme les bâtiments de Avenue de Saint-Ouen, Boulevard Ornano et Montrouge), soit elles sont cachées dans des coins secrets des quartiers périphériques parisiens (comme les bâtiments de Pont de Flandre, Rue d’Avron, Avenue de Vincennes, Orléans-Ceinture, Ouest-Ceinture, Vaugirard-Ceinture et Grenelle)

Sur les dix gares détruites, il subsiste (pour combien de temps encore ?) des vestiges des gares de Est-Ceinture, Ménilmontant, Bel-Air Ceinture, Rue Claude Decaen, la Rapée Bercy et la Maison Blanche. Les cinq autres gares ont été littéralement rayées de la carte.

Á noter que la gare de Boulainvilliers, située sur le raccordement de Boulainvilliers, dans le 16e arrondissement, est utilisée aujourd’hui par le RER C.

La suite

PNG - 638 ko
Détail des bifurcations et embranchements des sections Rive Droite et Rive Gauche de la Petite Ceinture en 1916.
Détail des bifurcations et embranchements des sections Rive Droite et Rive Gauche de la Petite Ceinture en 1916. Extrait du document "Profils et bifurcations du Réseau" des Chemins de fer de l’Etat. Edition 1916. Collection Damien Dwornik.

dimanche 3 janvier 2010

Matériel roulant utilisé pour le transport de marchandises sur la Petite Ceinture

La Petite Ceinture fut construite initialement pour le transport de marchandises, tant local que de transit. La croissance importante et conjointe des trafics de marchandises et voyageurs provoque la mise en service de la Grande Ceinture à partir de 1877 pour y délester la Petite ceinture du trafic marchandises de transit.

JPEG - 345.9 ko
Train de marchandises sur la Petite Ceinture, tracté par une locomotive de type 040T.
Un train de marchandises à petite vitesse (trafic local), entre le canal de l’Ourcq et la station Pont de Flandre, quand le charbon était l’énergie reine.

Le trafic local à lui-seul restera longtemps très important. Ainsi, en 1948, « le trafic présente un double aspect. Il comporte un mouvement d’échanges entres les principaux points de contact des Régions (Batignolles, La Chapelle-Charbons, La Villette, Bel-Air, Bercy, Ivry et Grenelle-Marchandises) et les gares locales de la Petite Ceinture (Belleville-Villette, Paris-Bestiaux, Charonne, Gobelins et Glacière), et des manoeuvres dans les gares de l’Évangile, Belleville-Villette, Paris-Bestiaux, Charonne, La Rapée-Bercy, Gobelins et Glacière. La vitesse maximum autorisée est de 60 km/h. La composition maximum admise pour les trains est de 40 wagons ce qui correspond à une tonnage de 800 t environ. Les gares ne peuvent recevoir des trains plus longs. […] Actuellement, l’ensemble du service de la Petite Ceinture est effectué par machines Baldwin assurant une moyenne de 105 trains par jour […]. »[2]

Nous présentons dans cet article une partie du parc de locomotives à vapeur qui servit à assurer ce trafic.

Il va de soi que cette présentation possède un unique but documentaire : l’ASPCRF ne défend pas la remise en service d’un matériel à vapeur et à charbon sur la Petite Ceinture, pour quelque raison que ce soit !

JPEG - 306.6 ko
Cheminots de la Compagnie du Nord devant une locomotive.
Des cheminots posent devant une locomotive de la Compagnie des Chemins de fer du Nord. Une scène qui pourrait très bien s’être passée sur la Petite Ceinture, étant donné que ces locomotives y circulaient.

 Locomotives à vapeur

Le désignation de ces locomotives respecte la règle suivante :
- Nombre de roues avant,
- Nombre de roues motrices,
- Nombre de roues arrière,

comptabilisés sur un seul côté. Par exemple, la notation « 232 » (prononcer « deux cent trente-deux ») signifie : deux roues avant, trois roues motrices et deux roues arrière. La lettre T désigne le fait que le Tender transportant le charbon était intégré à la locomotive, tandis que l’eau était stockée dans des soutes à eau situées le long de la chaudière.

JPEG - 311.9 ko
Locomotive 030T des chemins de fer du Nord.
Un modèle de locomotive qui circulait sur la Petite Ceinture et les lignes de la banlieue parisienne.

JPEG - 306.3 ko
Locomotive 040 T du chemin de fer du Nord.
Une série analogue à celle du chemin de fer de Ceinture, qui pouvait emprunter la Petite Ceinture.

JPEG - 325.1 ko
Locomotive 040T du chemin de fer de Ceinture, série 1 à 7.
Ces locomotives tractaient de nombreux trains de marchandises sur la Petite Ceinture.

JPEG - 291.6 ko
Locomotive 040 T du chemin de fer de Ceinture, série 8 à 13.
Ces locomotives tractaient de nombreux trains de marchandises sur la Petite Ceinture.

JPEG - 302.5 ko
Locomotive type 240T du chemin de fer de Ceinture.
Ces locomotives tractaient des trains lourds sur la Grande Ceinture, mais aussi jusqu’à la Petite Ceinture.

 Locomotives articulées à vapeur

Ces locomotives de forte puissance étaient utilisées pour tracter des trains lourds sur la Grande Ceinture. Mais, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la désorganisation des transports fit que ces machines furent utilisées pour des trains de marchandises sur la Petite Ceinture [3].

JPEG - 328.9 ko
Locomotive articulée type Du Bousquet à Pont de Flandre.
Derrière la locomotive, une 030T voyageurs et l’extrémité des quais de la station Pont de Flandre, le long de la rue Curial, dans le 19e arrondissement.

JPEG - 323.5 ko
Locomotive articulée type Du Bousquet du chemin de fer de Ceinture.
Ces locomotives tractaient des trains lourds sur la Grande Ceinture, mais aussi jusqu’à la Petite Ceinture.

 Locomotives de manœuvre à vapeur

Ces locomotives étaient utilisées pour déplacer les wagons dans les gares de marchandises de la Petite Ceinture, comme sur la vue suivante à Belleville-Villette.

JPEG - 373.2 ko
Locomotive de manoeuvre à cabestan.
Locomotive de type 020, surnommée « bouteille à encre » à cause de leur chaudière verticale.

JPEG - 354.1 ko
Vue de la gare aux marchandises de Belleville-Villette.
Vue de la gare marchandises en direction des Buttes-Chaumont, depuis le quai intérieur de la station. [1]

 Bibliographie

[1] G.M, Le Chemin de fer de Ceinture de Paris, 1904.

[2] Utilisation des locomotives Baldwin sur la Petite Ceinture. Notre Métier (ancêtre de la Vie du Rail), page 3, n°134, 20 janvier 1948.

[3] B. Carrière. L’aventure de la Grande Ceinture, éditions de la Vie du Rail.

dimanche 31 janvier 2010

Voyage virtuel sur la Petite Ceinture à la Belle Époque - découvrir les stations (ou gares) de la Petite Ceinture

JPEG - 456.8 ko
Cheminots de la Petite Ceinture sur le quai de la gare de Clichy.
Personnel des Chemins de fer des Ceintures (Petite et Grande) sur le quai intérieur de la station Avenue de Clichy.

Si vous voulez plonger dans le temps, sans risquer de recevoir une escarbille dans l’œil, utilisez cette carte cliquable qui représente la Petite Ceinture ferroviaire et ses stations ou gares ouvertes au service quotidien de voyageurs jusqu’au 22 juillet 1934, date de la cessation de ce service.

 Informations utiles pour le voyage

  1. Avant de plonger dans le temps, n’hésitez pas à consulter les horaires de la Petite Ceinture, afin de ne pas rater votre train ou une correspondance avec les lignes de banlieue des grandes gares parisiennes !
  2. Une fois que vous aurez parcouru la Petite Ceinture, vous pourrez désormais tester votre connaissance de cette ligne en allant participer au jeu concocté par Cyril Jagot.
  3. Par ailleurs, si vous voulez approfondir votre connaissance de l’histoire de la Petite Ceinture, c’est par ici.
  4. Si le sujet des gares de la Petite Ceinture vous intéresse, c’est par là !
  5. Si vous souhaitez en savoir plus sur le matériel roulant (notamment les locomotives) utilisé à l’époque, c’est ici pour les trains de voyageurs et là pour les trains de marchandises.
  6. Enfin, si vous souhaitez en savoir plus sur l’Association Sauvegarde Petite Ceinture et pourquoi pas, nous rejoindre, c’est par ici !

 Carte interactive de la Petite Ceinture

Déplacez le pointeur de souris sur cette carte au-dessus de la gare qui vous intéresse et, si une page existe sur ce site pour cette gare, cliquez ! Vous verrez alors apparaître une nouvelle page qui vous décrira cette gare au moyen de documents de cette époque.

La Petite Ceinture et ses gares de voyageurs en 1921 (trait gras). Gare de l'Avenue de Clichy Gare de l'Avenue de Saint Ouen Gare du Boulevard Ornano Gare de La Chapelle-Saint Denis Gare du Pont de Flandre Gare de Belleville-Villette Gare de Ménilmontant Gare de Charonne Gare de la Rue d'Avron Gare de l'Avenue de Vincennes Gare de Bel Air-Ceinture Gare d'Orléans-Ceinture Gare de La Maison-Blanche Gare du Parc de Montsouris Gare de Montrouge-Ceinture Gare d'Ouest-Ceinture Gare de Vaugirard-Ceinture Gare de Grenelle Gare du Point-du-Jour Gare d'Auteuil-Boulogne Gare de Passy-La Muette Gare de l'Avenue Henri-Martin Gare de l'Avenue du Bois de Boulogne Gare de Neuilly-Porte Maillot Gare de l'Avenue de Courcelles-Levallois Gare de l'Avenue de Courcelles-Ceinture Gare des Batignolles
La Petite Ceinture et ses gares de voyageurs en 1921 (trait gras).

Son également tracés les raccordements entre la Petite Ceinture et les autres lignes de chemin de fer dans Paris.

samedi 2 janvier 2010

Matériel roulant du service urbain de voyageurs de la Petite Ceinture

Le trafic du service urbain de voyageurs de la Petite Ceinture crût progressivement à partir de 1862. Au début de l’exploitation voyageurs, les trains de la Petite Ceinture furent tractés par des locomotives des compagnies des chemins de fer de l’Ouest et du Nord. Puis, l’augmentation importante du trafic et les besoins spécifiques de l’exploitation des trains de voyageurs sur la Petite Ceinture - trafic dense, arrêts rapprochés, augmentation de la vitesse commerciale - proches de l’exploitation d’un métro, firent étudier et construire par le Syndicat des Ceintures à la fin du XIXe siècle des locomotives spécifiques, caractérisées par une aptitude à fournir une forte puissance d’accélération au démarrage.

Nous présentons dans cet article ces locomotives, trois générations de voitures voyageurs et un matériel original, un autorail à vapeur, qui assura un service de navette entre la gare du Nord et la Petite Ceinture à partir de 1908.

Si vous avez des documents sur ces locomotives (photographies, plans, etc.) et que vous souhaitez nous les communiquer, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse mél figurant sur la page d’accueil de ce site.

Il va de soi que cette présentation possède un unique but documentaire : l’ASPCRF ne défend pas la remise en service d’un matériel à vapeur et à charbon sur la Petite Ceinture, pour quelque raison que ce soit !

 Locomotives à vapeur

Le désignation de ces locomotives respecte la règle suivante :
- Nombre de roues avant,
- Nombre de roues motrices,
- Nombre de roues arrière,

comptabilisés sur un seul côté. Par exemple, la notation « 232 » (prononcer « deux cent trente-deux ») signifie : deux roues avant, trois roues motrices et deux roues arrière. La lettre T désigne le fait que le Tender transportant le charbon était intégré à la locomotive, tandis que l’eau était stockée dans des soutes à eau situées le long de la chaudière.

  Locomotives de type 030T

JPEG - 309.8 ko
Locomotive 030T pour la traction de trains de voyageurs.

JPEG - 274.9 ko
La locomotive à vapeur numéro 27 de type 030T, au dépôt-relais de la Glacière-Gentilly.

JPEG - 252.7 ko
Une locomotive à vapeur 030T, la numéro 21, au dépôt de la Glacière-Gentilly.
Une locomotive à vapeur de type 030T assurant la traction des trains de voyageurs sur la Petite Ceinture, vue ici dans la gare de La Glacière-Gentilly (au fond, la rue de Rungis).

JPEG - 305.4 ko
La locomotive numéro 24, de type 030T, en tête d’un train de voyageurs.

  Locomotives de type 230T

JPEG - 330.5 ko
Locomotive 230T pour la traction de trains de voyageurs.

JPEG - 546.2 ko
Gros plan sur la locomotive 230T d’un train de voyageurs en gare de Belleville-Villette.
Le train à Belleville-Vilette s’apprête à repartir vers la station Ménilmontant en traversant le parc des Buttes-Chaumont.

JPEG - 346.1 ko
Locomotive 230T stationnant dans la gare du Boulevard Ornano.
Train à l’arrêt en gare de Boulevard Ornano dans les années Vingt ou Trente.

JPEG - 353.8 ko
Un train de la Ceinture, tracté par une 230T, arrive en gare de Massy-Palaiseau.
Ce type de locomotive tractait les trains de voyageurs sur la Petite et la Grande Ceinture.

Ces locomotives de type 230T sont décrites dans un article paru dans le numéro 1549 de l’hebdomadaire La Nature daté du 31 janvier 1903, pages 129 à 130. Archives du CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers).

  Locomotive étudiée pour le projet de Métro

JPEG - 299.4 ko
Locomotive à vapeur de type 032T, de la Compagnie des Chemins de fer du Nord, dite « Métropolitain ».
Son surnom provient du fait qu’elle a été conçue pour le projet de chemin de fer métropolitain connecté à la Petite Ceinture. Elle fut d’ailleurs testée sur la Petite Ceinture.

  Locomotives de type 232T

JPEG - 312.7 ko
Locomotive 232T pour la traction de trains de voyageurs.
JPEG - 329.1 ko
Locomotive 232T pour la traction de trains de voyageurs.

JPEG - 309.4 ko
Locomotive 232T pour la traction de trains de voyageurs.
Vue de la locomotive numéro 85 au relais-traction de la station Glacière Gentilly (Parc de Montsouris), près de la place de Rungis, dans le 13e arrondissement.

 Voitures

Initialement, le service voyageurs de la Petite Ceinture utilisa du matériel des compagnies privées de chemin de fer qui le cogéraient. Puis, quand ce service prit de l’importance et que la Grande ceinture fut créée, il apparût nécessaire au Syndicat des Ceintures qui exploitait ces deux lignes de posséder son propre matériel, tant en matière de locomotives que de voitures pour les voyageurs.

Ainsi, plusieurs générations de voitures pour les voyageurs se succédèrent sur la Petite Ceinture.

  Voitures à étages

JPEG - 298.1 ko
Planche présentant les voitures à deux étages du chemin de fer de Ceinture, datant de 1868.
Extrait de la revue Le Portefeuille des Machines et du Matériel. Document en ligne sur le site de la Bibliothèque Nationale de France.

  Voitures de 1885

JPEG - 215.2 ko
Voiture de 1re classe, pour les chemins de fer de Ceinture de Paris, datant de 1885.
Gravure extraite du catalogue du constructeur de ces voitures, la Société Anglo Franco Belge - La Croyère (1947). Collection Patrick Tassignon.

  Voitures de 1895

JPEG - 211.9 ko
Voiture à compartiments de 3e classe des chemins de fer de Ceinture.
Ce modèle de 1895, décliné également en voitures de première et deuxième classes, ainsi qu’en voiture-fourgon, circulât jusqu’à la fin du service voyageurs, en 1934 sur la Petite Ceinture et en 1939 sur la Grande Ceinture.

La reproduction de ces voitures en modèle réduit par la marque Fradis permet d’avoir une idée de l’apparence de la dernière génération.

 Autorails à vapeur

Ces autorails appartenant à la Compagnie des Chemins de fer du Nord assuraient la navette entre la gare du Nord banlieue (située à l’emplacement de l’actuelle verrière qui recouvre les voies des lignes de RER B et D ainsi que des lignes de la banlieue Nord) et la station La Chapelle-Saint Denis, située porte de la Chapelle, de la Petite Ceinture, via la station Pont-Marcadet. Leur mise en service intervint en 1908 suite à la suppression des trains circulaires ayant comme terminues la gare du Nord. Leur physionomie leur fit acquérir le doux surnom de « cage à poule » par les voyageurs !. [1]

Ce matériel est reproduit en modélisme par un artisan.

Ce matériel comprenait une partie motrice entourée de deux voitures de voyageurs.

JPEG - 323.9 ko
Automotrice dite "Cage à poule".
La partie motrice de l’autorail, constituée d’une petite locomotive à vapeur.

JPEG - 325.2 ko
Automotrice dite "Cage à poule".
On distingue sur cette vue la chaudière et la cheminée.

JPEG - 267.7 ko
Automotrice dite "Cage à poule".
Vue latérale de la partie motrice de l’autorail à vapeur.

JPEG - 328.3 ko
Automotrice dite "Cage à poule".
Autre vue de la motrice.

[1] B. Carrière. La Saga de la Petite Ceinture, éditions de la Vie du Rail.

 Aller plus loin

- Pour les voitures à deux étages, le Portefeuille des Machines et du Matériel sur le site de la Bibliothèque Nationale de France (BNF).
- Pour les voitures de première classe de 1885, Le site d’archives ferroviaires de Patrick Tassignon, en Belgique.

mardi 23 février 2010

Appel aux cheminots ou anciens cheminots ayant travaillé sur la Petite Ceinture

JPEG - 116.4 ko
Cliché : Bernard Chatreau. Tous droits réservés.
Vue prise en 1976 de la gare de Belleville-Villette depuis la rue Manin. À gauche, l’ancien bâtiment des voyageurs. Ces bâtiments sont aujourd’hui démolis.

Nous sommes à la recherche de témoignages de cheminots, en activité ou à la retraite, ayant travaillé sur la Petite Ceinture. En particulier, nous recherchons les témoignages de gens ayant conduit des trains qui ont circulé jusqu’en 1993 sur la ligne. Mais si vous avez travaillé dans les gares marchandises, dans les postes d’aiguillage, dans les équipes d’inspection ou d’entretien des voies, etc., votre témoignage nous intéresse également.

Si vous êtes dans ce cas ou connaissez quelqu’un, n’hésitez pas à nous contacter ou à transmettre nos coordonnées à cette personne. Les coordonnées de l’association figurent en bas de la page d’accueil de ce site.

En vous remerciant par avance, l’équipe de l’ASPCRF.

dimanche 25 octobre 2009

À la recherche des gares de la Petite Ceinture (II)

PNG - 840.2 ko
Collection : Philippe Drouin.
Horaires de 1919 du service voyageurs.

Dans un précédent article, nous avons présenté un inventaire des gares voyageurs de la Petite Ceinture et de leur état actuel. À présent, nous allons nous pencher sur les caractéristiques de ces gares, plus particulièrement leurs dates de mise en service et leurs styles architecturaux.

 Des dates de mise en service dépendant de leur localisation

Les gares de la Petite Ceinture peuvent être classées en quatre ensembles, en fonction de la section à laquelle elles appartiennent. Si nous parcourons la Petite Ceinture dans le sens des aiguilles d’une montre, cela donne :
- La gare de Courcelles-Ceinture, située sur le raccordement de l’avenue de Clichy à Courcelles et mise en service le 25 mars 1869.
- L’ensemble des gares de la Petite Ceinture Rive Droite, mises en service progressivement entre le 14 juillet 1862 et le 20 août 1907,
- L’ensemble des gares de la Petite Ceinture Rive Gauche, mises en service simultanément le 25 février 1867,
- L’ensemble des gares de la ligne d’Auteuil, mises en service simultanément le 2 mai 1854.

Ainsi, les gares de la ligne d’Auteuil, de la Petite Ceinture Rive Gauche et de Courcelles-Ceinture ont été construites en trois grandes phases, alors que la construction des gares de la Petite Ceinture Rive Droite s’est étalée sur quarante-cinq ans.

 Des styles architecturaux dépendant de leur localisation

Les gares de la ligne d’Auteuil, de la Petite Ceinture Rive Gauche et de Courcelles-Ceinture furent toutes construites par la Compagnie de l’Ouest. Elles respectent donc les caractéristiques des gares de cette compagnie, que l’on retrouve aujourd’hui en dehors de la Petite Ceinture sur la partie Sud-Ouest de la ligne C du RER, la ligne de tramway T2 et la banlieue Saint-Lazare.

Par contre, les gares de la Petite Ceinture Rive Droite furent construites par le Syndicat des Ceintures. Elles adoptent des styles architecturaux plus variés ou composites.

  Liste des gares de la Petite Ceinture et dates de leur mise en service

Pour ce relevé, nous nous sommes basés sur l’ouvrage « La Saga de la Petite Ceinture » de Bruno Carrière. En gras figurent les gares disposées à cheval au-dessus des voies, une disposition fréquente sur la Petite Ceinture.

Section Nom de la station Date de mise en service/date de mise en service de la station définitive
Raccordement de Courcelles Courcelles-Ceinture 25 mars 1869
Petite Ceinture Rive Droite Batignolles-Clichy (renommée Avenue de Clichy) 14 juillet 1862/28 novembre 1868
Petite Ceinture Rive Droite Avenue de Saint-Ouen 26 avril 1869/16 mai 1889*
Petite Ceinture Rive Droite Boulevard Ornano 26 avril 1869/16 mai 1889*
Petite Ceinture Rive Droite La Chapelle-Saint-Denis 15 juillet 1871
Petite Ceinture Rive Droite Est-Ceinture (halte) 1867-1869 puis réouverture le 15 mai 1878/vers 1905
Petite Ceinture Rive Droite Pont de Flandre 26 avril 1869/1877
Petite Ceinture Rive Droite Belleville-Villette 14 juillet 1862/1869
Petite Ceinture Rive Droite Ménilmontant 14 juillet 1862/1er mai 1868
Petite Ceinture Rive Droite Charonne 14 juillet 1862/28 mars 1878
Petite Ceinture Rive Droite Rue d’Avron 15 mai 1895
Petite Ceinture Rive Droite Avenue (ou Cours) de Vincennes 26 avril 1869/16 mai 1889*
Petite Ceinture Rive Droite Bel-Air Ceinture 16 novembre 1863/16 mai 1889*
Petite Ceinture Rive Droite Rue Claude Decaen 5 mai 1900 (halte)/20 août 1907
Petite Ceinture Rive Droite La Rapée-Bercy 14 juillet 1862/vers 1905
Petite Ceinture Rive Gauche Orléans-Ceinture 25 février 1867
Petite Ceinture Rive Gauche La Maison Blanche 25 février 1867
Petite Ceinture Rive Gauche Gentilly (puis Parc de Montsouris) 25 février 1867
Petite Ceinture Rive Gauche Montrouge 25 février 1867
Petite Ceinture Rive Gauche Ouest Ceinture 25 février 1867
Petite Ceinture Rive Gauche Vaugirard-Issy (renommée Vaugirard Ceinture) 25 février 1867
Petite Ceinture Rive Gauche Grenelle-Ceinture 25 février 1867
Petite Ceinture Rive Gauche Point-du-Jour 25 février 1867
Ligne d’Auteuil Auteuil-Boulogne 2 mai 1854
Ligne d’Auteuil Passy-la-Muette 2 mai 1854
Ligne d’Auteuil Avenue Henri Martin 2 mai 1854
Ligne d’Auteuil Avenue du Bois de Boulogne 2 mai 1854
Ligne d’Auteuil Neuilly-porte Maillot 2 mai 1854
Ligne d’Auteuil Courcelles-Levallois 2 mai 1854

* : reconstruction suite aux travaux de suppression des passages à niveau entre l’avenue de Clichy et la rue des Poissonniers ainsi qu’entre la rue de Bagnolet et la rue de Charenton.

À suivre…

vendredi 19 mars 2010

Archives numérisées de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine

JPEG - 307.2 ko
Planche de 1903 représentant la gare de l’avenue du Bois de Boulogne

La bibliothèque de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, située à l’intérieur du Palais de Chaillot, à Paris, met à disposition des internautes des revues des XIXe et XXe siècles.

Ces revues sont téléchargeables au format PDF. Il est possible d’y trouver des choses intéressantes concernant la ligne d’Auteuil et la Petite Ceinture :

- Une planche représentant la gare de l’Avenue du Bois de Boulogne, dessinée par l’architecte Juste Lisch, extraite du numéro 49 de 1903 de la revue « La Construction Moderne »,
- Un article consacré à l’intégration de la ligne d’Auteuil et de la Petite Ceinture au réseau du métro de Paris, dans le numéro de la revue « la Construction Moderne » de juin 1924 (pp 413-417).
- Un article sur la gare de Boulainvilliers, dans le numéro 11 de la revue « l’Architecte » datée de novembre 1909,

JPEG - 228.4 ko
Plan de la gare de Boulainvilliers.

JPEG - 333.2 ko
Vue de la tranchée de la gare de Boulainvilliers, extraite de la revue L’Architecte.

Aller plus loin

Le site de la base de données des revues numérisées sur le site de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine

lundi 10 mars 2008

Archives de Paris

Les Archives de Paris, situées près de la porte des Lilas, possèdent sur la Pëtite Ceinture des documents compris entre la création de la ligne et la Première Guerre Mondiale. Ces documents sont présents dans les cartons suivants :

  1. Préfecture de la Seine - voirie :
    - Cotes D.2.S9 cartons 15 et 16 pour la Compagnie de l’Ouest et ses connexions avec la Petite Ceinture (notamment la ligne d’Auteuil),
    - Cotes D.5.S9 cartons 3 et 14 pour la Compagnie de l’Est et ses connexions avec la Petite Ceinture,
    - Cotes D.6.S9 cartons 2, 4 et 15 pour la Compagnie du Nord et ses connexions avec la Petite Ceinture,
    - Cotes D.7.S9 cartons 1 à 23 pour le Chemin de Fer de Ceinture.
  2. Administration communale - voirie :
    - Cotes V.2.O10 cartons 3 à 6 pour la Compagnie de l’Ouest et ses connexions avec la Petite Ceinture (notamment la ligne d’Auteuil),
    - Cotes V.7.O10 cartons 1 à 5 pour le Chemin de Fer de Ceinture.

0 | 10