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Histoire de la Petite Ceinture et projet de l’Association Sauvegarde Petite Ceinture

2. Un tramway dans un jardin, un réseau dans la ville

1. Histoire de la Petite Ceinture ferroviaire | 2. Un tramway dans un jardin, un réseau dans la ville | 3. Activités de l’Association Sauvegarde Petite Ceinture |

Un tramway dans un jardin, un réseau dans la ville

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©Document ASPCRF.
Photomontage simulant la présence d’un tram-train dans le 15e arrondissement, près de la porte de Sèvres.
Tout en bas, surgis d’un tunnel amer, et replongeant aussitôt sous des cascades de fleurs et de lune, j’ai vu luire une nuit de mai les rails de cette Ceinture qui entoure la ville frénétique d’un anneau de sommeil ferroviaire, forestier, et qui par divers embranchements la relie aux réseaux de rêve de la planète.

Extrait du texte de Jacques Réda figurant dans l’ouvrage « Le chemin de fer de Petite Ceinture de Paris, 1851-1981 ».

Ce qu’est l’Association

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La Petite Ceinture aujourd’hui. Hormis le RER C à l’Ouest, 23 km de voie ferrée sous-utilisés (trait rouge).

L’Association pour la Sauvegarde de la Petite Ceinture de Paris et de son Réseau Ferré (ASPCRF) est une association d’intérêt général, à but non lucratif, régie par la Loi de 1901. Elle a été fondée fin 1992 dans le but de promouvoir la réutilisation ferroviaire de la ligne de Petite Ceinture de Paris, aujourd’hui en grande partie sous-utilisée. Son « acte de naissance officiel » a été publié dans le Journal Officiel du 6 janvier 1993. Son siège social est établi 11 rue Oswaldo Cruz à Paris (16e arrondissement). Elle a pour objet de :
- Défendre, promouvoir et participer à la sauvegarde du réseau ferré de la Petite Ceinture de Paris ;
- Préconiser sa réhabilitation au profit d’un système de transport collectif ferroviaire compatible avec le réseau ferré régional, adapté et respectueux de son environnement ;
- Défendre l’environnement, le cadre, la qualité de vie, le patrimoine architectural public et privé, les espaces verts, les écosystèmes, la culture de Paris et de ses arrondissements sur le parcours de la voie ferrée de Petite Ceinture ;
- Développer par tous moyens l’information et la connaissance concernant de la Petite Ceinture de Paris, son histoire, son environnement et son utilisation future ;
- Mettre en œuvre toutes actions, manifestations, études, propositions et publications susceptibles d’assurer la réalisation de l’objet social.

Financièrement, les cotisations des adhérents et l’organisation de circulations ferroviaires exceptionnelles sont les seules ressources de l’Association. L’ Association ne perçoit actuellement aucune subvention.

Aujourd’hui, la Petite Ceinture est faiblement utilisée pour le transport ferroviaire, à l’exception du tronçon, situé dans l’Ouest de Paris, compris entre les gares de l’Avenue Henri Martin et de la Porte de Clichy, intégré au RER C.

Pourtant, le service urbain de voyageurs, introduit durant le Second Empire, fut florissant au début du XIXème siècle, avec un pic de trente-neuf millions de voyageurs en 1900, année de l’Exposition Universelle. Il fut interrompu le 22 juillet 1934 pour être reporté sur la ligne de bus PC, à l’exception de la section des gares d’Auteuil - Boulogne à Pont Cardinet. Le trafic fut interrompu en janvier 1985 pour les travaux d’intégration partielle de cette section à partir de septembre 1988 à la ligne C du RER. Par ailleurs, des trains de voyageurs grandes lignes (trains de jonction entre les gares du Nord et de Lyon), de marchandises et de tourisme ferroviaire empruntèrent la Petite Ceinture jusqu’en 1993.

Aujourd’hui, seule la section Sud-Ouest, située entre la gare de l’Avenue Henri Martin et la Seine, dans le 16e arrondissement, a perdu sa vocation ferroviaire. Le viaduc d’Auteuil et le pont du Point-du-Jour, qui s’étendaient entre la porte d’Auteuil et l’actuelle gare Boulevard Victor du RER C, furent démolis vers 1960. La section située entre les gares de l’avenue Henri Martin et d’Auteuil-Boulogne, fermée au trafic voyageurs en janvier 1985, a perdu sa vocation ferroviaire suite à sa non-intégration à la ligne C du RER et sa vente par Réseau Ferré de France à la Ville de Paris. Un sentier nature a ouvert ses portes en janvier 2008 entre les anciennes gares de Passy et d’Auteuil. La plateforme de la gare d’Auteuil, quant à elle, fait l’objet actuellement d’une opération immobilière. Les bâtiments voyageurs des anciennes gares d’Auteuil-Boulogne et de Passy-la Muette sont préservés.

L’ASPCRF concentre donc ses efforts sur les vingt-trois kilomètres de la plateforme à double voie et raccordés à plusieurs réseaux pénétrants dans Paris, inutilisés par le RER C, mais non déclassés, se déployant au Sud, à l’Est et au Nord de Paris (représentés par le trait rouge sur la carte ci-jointe).

Un projet alliant transport et qualité de vie

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©Document ASPCRF.
Schéma illustrant le concept de mixité que l’ASPCRF propose pour les endroits où la plate-forme est large.

La saturation de lignes de métro et de RER et la nécessité de renforcer les liaisons rapides de rocade en Île-de-France motivent notre projet de réactivation d’un service urbain de voyageurs sur la Petite Ceinture.

Par ailleurs, la Petite Ceinture pourrait être utilisée de manière exceptionnelle comme parcours de détournement pour des trains des lignes C et D du RER en cas de coupure sur leur partie centrale parisienne. En effet, la Petite Ceinture dispose de raccordements avec les voies des gares du Nord, de Lyon et d’Austerlitz. L’utilisation exceptionnelle de la Petite ceinture pourrait également avoir lieu en cas de crue centennale de la Seine qui provoquerait la coupure des sections centrales de lignes de métro, de RER et de trains de banlieue.

Enfin, la réactivation de la Petite Ceinture est compatible avec la construction d’une ligne de métro de rocade en proche banlieue parisienne, car elle présente au moins l’avantage d’être moins coûteuse et plus rapide à être réalisée que cette dernière. Dans ce cas, la Petite Ceinture constituerait une première étape dans le renforcement des capacités régionales de transport ferroviaire de rocade, en attendant la création de lignes ex-nihilo.

Dans le cadre de la remise en service des vingt-trois kilomètres sous-utilisés de la Petite Ceinture, l’ASPCRF préconise qu’à la place des aménagements temporaires sur la plate-forme à double-voie de la Petite Ceinture envisagés par la Ville de Paris, soient réalisés des aménagements définitifs, là où la plateforme est suffisamment large, le long de cette plate-forme tout en respectant le gabarit ferroviaire UIC. Cette stratégie permet d’associer la préservation du caractère ferroviaire de la Petite Ceinture pour une réactivation à moyen-long terme (entre dix et trente ans) à une valorisation de ses abords en jardins ou promenades réalisables à court terme. L’ASPCRF défend depuis sa création en 1993 ce type d’aménagement que nous nommons la mixité des usages de la plate-forme de la Petite Ceinture là où elle est possible.

Ce type d’aménagement est réalisable sur les sections où la largeur de la plateforme de la Petite Ceinture le permet. Par exemple, entre la place Balard et la rue Desnouettes, dans le 15e arrondissement, la plateforme est suffisamment large (deux fois deux voies ferrées) pour permettre la juxtaposition d’une double voie ferrée pour des circulations ferroviaires régulières et d’une promenade plantée. Les jardins réalisés par la Ville de Paris rue Ernest Roche, au niveau de la Porte Pouchet, dans le 17e arrondissement, ainsi que sur l’ancien raccordement entre la ligne de la Bastille et la Petite Ceinture, au niveau de la rue Rottembourg, dans le 12e arrondissement, illustrent cette stratégie de mixité des usages.

En plus de ses atouts pour désenclaver certains quartiers parisiens, la remise en service de la Petite Ceinture forme un projet d’aménagement régional dont l’intérêt n’est pas limité à Paris. Plusieurs études officielles ont souligné cet aspect. Ainsi, l’étude intitulée « La réouverture de la Petite Ceinture : potentialités et enjeux pour le système de transport de Paris-Ile-de-France » réalisée en mai 2002 par le cabinet Degest, à la demande des Comités d’Etablissements régionaux de la SNCF concernés par la Petite Ceinture et du Comité d’Etablissement SNCF Direction clientèle, conclue ainsi : « Les atouts de la Petite Ceinture permettent d’inscrire celle-ci, à terme, dans les futurs projets pour répondre aux besoins de transport périphériques et inter-banlieues. La ligne est l’un des maillons essentiels d’un dispositif régional cohérent visant à combler le déficit d’infrastructures de transport en commun en périphérie [...]. Elle constitue une opportunité unique dans la mesure où l’emprise existe déjà. La vitesse élevée permet d’envisager des déplacements rapides (30km/h), un nombre élevé d’usagers et un maillage avec les grandes radiales RER, tangentielles et Transilien ».

Concernant le matériel roulant, l’ASPCRF est favorable à la mise en service d’un matériel de type tram-train comme le matériel circulant depuis 2006 sur la ligne T4 entre Bondy et Aulnay-sous-Bois. Ce type de matériel répondrait à la demande voyageurs actuelle, tout en permettant le maintien du gabarit UIC (Union Internationale des Chemins de Fer), afin de ne pas obérer l’avenir. En effet, le respect du gabarit UIC, tant en largeur qu’en hauteur, autorise le passage de tout type de matériel ferroviaire. Il serait alors possible d’organiser des manifestations ferroviaires événementielles, à l’image de Train Capitale organisée en 2003 à Paris.

Par ailleurs, même si ce point ne fait partie de l’objet de l’association, la mise en service d’un trafic de fret léger permettant de limiter le nombre de poids lourds entrant dans Paris est actuellement étudié par la SNCF et RFF. Cette initiative permettrait de moderniser la ligne, facilitant ainsi la remise en service d’un transport en commun de voyageurs.

Ce que n’est pas l’Association

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©Document ASPCRF.
Billet de circulation.

Une boutique Nous ne faisons pas de commerce de pin’s, de t-shirts ou de cartes postales. Ponctuellement, il peut arriver que nous accédions à des conditions particulières pour certains articles en liaison avec notre objet social et c’est dans ce cadre qu’il sont proposés à ceux qui partagent notre intérêt pour le site et son devenir. De plus, à bord des trains spéciaux que nous organisons, l’ADEMAS (Association d’Exploitation du Materiel Sprague) et le COPEF (Cercle Ouest Parisien d’Etudes Ferrovaires) proposent aux voyageurs un stand de librairie offrant un choix d’ouvrages ferroviaires.

Un organe de presse Tous bénévoles, les membres du Conseil d’Administration et du bureau font paraître un bulletin d’information donnant des informations sur le site et la vie de l’association. Il ne s’agit pas cependant de considérer que l’adhésion est un abonnement à ce genre de publication. La periodicité de ce bulletin est variable et depend de l’actualité. Ponctuellement, l’Association adresse à ses adhérents les informations urgentes (enquêtes publiques, trains spéciaux... ) relative à l’objet social.

Une agence de voyages

Si nous organisons, lorsque la SNCF et RFF le rendent possible (en fonction des contraintes techniques et d’exploitation), des circulations exceptionnelles sur le parcours de la Petite Ceinture, c’est uniquement dans le but de la faire connaître. Notre objectif n’est pas de faire du site une sorte de circuit fermé ferroviaire à vocation touristique.

Un refuge pour passéistes La volonté des fondateurs et des membres actuels de l’association s’exprime dans ses statuts, tournés vers l’avenir et s’appuyant sur le présent, l’existant, et le formidable potentiel de réutilisation du site. Si les circulations en train à vapeur ont un cachet indéniable, et nombre des membres de l’association sont des amateurs de ce type de loisirs, nous considérons que c’est bien d’un moyen de transport en commun moderne qu’il s’agit de proposer pour son rééquipement. Bien entendu, nous informons les adhérents et les visiteurs du site Internet de toute circulation en train à vapeur empruntant la ligne. Comme indique plus haut, nous estimons que la ligne doit conserver un gabarit ferroviaire classique dans le cadre de sa remise en service, ce qui permettrait de maintenir la possibilité de faire circuler du matériel historique.

Une antenne de mouvement politique Depuis sa création, la richesse de l’association tient notamment par la qualité des discussions qui ont lieu en son sein. S’agissant d’un mouvement dont l’objet est éminemment politique (au sens premier : « qui a rapport à la société organisée »), il est appréciable de voir des membres de sensibilités très diverses (nombreuses tendances de l’échiquier politique français représentées) accepter de s’allier dans un but commun, au service de la communauté des usagers des transports.

Aller plus loin

- Les statuts de notre association sont consultables sur ce site.
- Les publications de notre association sont consultables sur ce site à cette adresse.
- Comment adhérer à notre association ? Mais c’est très simple...


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