
Outre les vingt-neuf stations ou gares de voyageurs de la Petite Ceinture ferroviaire qui existèrent, plusieurs projets de gares ne furent pas concrétisés. Nous vous présentons ici un projet de gares souterraines étudié à la fin du XIXe siècle.
En 1896, la Ville de Paris demanda à la Compagnie du chemin de fer de Ceinture d’étudier la création de deux gares souterraines sur la Petite Ceinture, l’une dans le tunnel des Buttes-Chaumont à l’angle des rues de Belleville et de La Villette (dans le 19e arrondissement), l’autre dans le tunnel du Père Lachaise près de la place Gambetta (dans le 20e arrondissement).
Mais la Compagnie du chemin de fer de Ceinture mit en avant l’impossibilité d’assurer une ventilation suffisante dans les tunnels pour rendre ces stations exploitables [1], le montant élevé de la dépense nécessaire [2] et son peu d’intérêt à l’établissement de nouvelles stations [3], pour « regretter que le projet […] lui semble devoir être considéré comme absolument irréalisable » [4].
Devant cet avis négatif, le projet demandé par la Ville de Paris fut définitivement abandonné en 1901. Des immeubles sociaux d’habitation furent alors construits par la fondation Rothschild sur les terrains réservés par la Ville de Paris pour le projet de la gare de la rue de Belleville.
Il est intéressant de noter que les études techniques réalisées ces dernières années sur la réactivation d’un service de voyageurs sur la section Est de la Petite Ceinture évoquent la création de stations souterraines aux mêmes emplacements que ceux envisagés à la fin du XIXe siècle.
[1] La traction des trains était assurée à l’époque par des locomotives à vapeur, d’où l’importance de la question de l’évacuation des fumées des locomotives dans les tunnels.
[2] Il eut fallu dévier le tunnel de la Petite Ceinture pour créer les quais de la station, ce qui eût certainement occasionné une suspension, tout au moins une réduction, de la circulation des trains pendant la durée des travaux.
[3] Effectivement, la Compagnie du chemin de fer de Ceinture préférait voir circuler des trains de marchandises, plus lucratifs, que des trains de voyageurs. Elle voyait donc bien souvent la création de nouvelles stations de voyageurs comme une source de coût supplémentaire.
[4] Archives de la Ville de Paris. Cote V.7.O10. Documents de 1896 et 1901.