Association Sauvegarde Petite Ceinture (ASPCRF)
Un transport ferroviaire dans un jardin, un réseau dans la ville

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La Petite Ceinture ferroviaire de Paris et ses gares

Un patrimoine disponible pour les enjeux du XXIe Siècle

jeudi 4 octobre 2012, par Association Sauvegarde Petite Ceinture (ASPCRF)

L’architecture des gares de la Petite Ceinture est un sujet qui, s’il suscite la curiosité du grand public aujourd’hui, a été peu abordé dans la littérature publiée ces dernières années. Une lacune que cet article, écrit durant l’été 2012 par Bruno Bretelle, actuel secrétaire de l’Association Sauvegarde Petite Ceinture (ASPCRF), tend à combler.

Ce travail a déjà fait l’objet d’une conférence donnée en juillet 2011 devant les adhérents de l’ASPCRF (durée : 1h20mn plus les questions) et d’un café-patrimoine organisé par l’Association Paris-Historique le 9 février 2012 (durée : 1h plus les questions).

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- BRETELLE Bruno, La Petite Ceinture ferroviaire de Paris et ses gares - Un patrimoine disponible pour les enjeux du XXIe Siècle, Association Sauvegarde Petite Ceinture (ASPCRF), Paris, septembre 2012.

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La Petite Ceinture ferroviaire de Paris et ses gares - Un patrimoine disponible pour les enjeux du XXIe Siècle

La Petite Ceinture ferroviaire de Paris est une infrastructure de transport de rocade héritée de la seconde moitié du XIXe siècle, connectée à la plupart des réseaux des grandes gares terminus de la Capitale et située intégralement à l’intérieur de cette dernière. Aujourd’hui, cette infrastructure, dont il reste dix-sept gares et dont l’avenir semble incertain, se trouve en grande partie inutilisée. Dans cet article, nous allons découvrir l’architecture des gares de cette ligne de chemin de fer singulière.

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La Petite Ceinture et ses gares de voyageurs à partir de 1900 (trait gras).

 1- Qu’est-ce que la Petite Ceinture ferroviaire ?

Au début du Second Empire, cinq compagnies privées de chemin de fer exploitaient les réseaux des gares terminus parisiennes, se partageant ainsi l’espace autour de la Capitale. Mais ces réseaux n’étaient pas tous interconnectés. Par conséquent, pour transférer des marchandises d’un réseau vers un autre, il fallait soit faire un grand détour par la Province, soit relier les gares de marchandises des réseaux d’origine et de destination par la route, au moyen de charrettes tirées par des chevaux. Cette situation ralentissait le transport des marchandises et augmentait son coût économique

 1.1- Une rocade pour relier les grandes gares parisiennes

Pour diminuer le temps et le coût du transport des marchandises entre ces réseaux, il fut donc décidé de les interconnecter au moyen d’une ligne de chemin de fer circulaire longeant de l’intérieur les fortifications de Paris (les actuels boulevards des Maréchaux). Cette ligne, la Petite Ceinture ferroviaire, fut construite durant le Second Empire, de 1852 à 1869. Elle connût un trafic tel qu’à partir de 1877 fut mise en service une seconde ligne circulaire, située en banlieue à une quinzaine de kilomètres de la Capitale : la Grande Ceinture. Ces deux lignes de rocade renforcent depuis le maillage ferroviaire francilien et national.

Initialement destinée au transport de transit de marchandises, la Petite Ceinture suscita rapidement l’intérêt des pouvoirs publics locaux qui virent en elles un puissant catalyseur des transformations de la Capitale. Cet intérêt se concrétisa par :

  • La création de gares de marchandises destinées à alimenter Paris en divers produits, comme de l’énergie (charbon), des matériaux de construction ou des produits alimentaires ; un embranchement fut même construit à partir de la Petite Ceinture pour desservir le marché aux bestiaux et les abattoirs de la Villette ;
  • La création de gares de voyageurs pour stimuler l’urbanisation des quartiers traversés par la ligne et desservir les Expositions Universelles qui furent organisées au Champs de Mars pendant la seconde moitié du XIXe siècle.

La Petite Ceinture connût également des voyageurs prestigieux :

  • Sur sa partie Est, entre les gares du Nord et de Lyon, circulèrent des trains internationaux dont les noms sonnaient comme des invitations au voyage au long cours, tels que « le Train Bleu » et « la Malle des Indes » ;
  • Sur sa section Ouest, la gare de l’avenue du Bois de Boulogne (aujourd’hui avenue Foch), surnommée à cette occasion « la Gare des Souverains », vit passer des chefs d’état étrangers en visite officielle à Paris, comme les souverains britanniques en 1938.

 1.2- La Petite Ceinture et le métro

La Petite Ceinture a assuré à partir de la fin du Second Empire le premier service ferroviaire métropolitain et le premier transport francilien de voyageurs de rocade. Elle transporta jusqu’à 90 000 voyageurs par jour en 1900. Souvent envisagée comme germe du réseau du métro parisien à développer, sa fréquentation chuta à partir de 1900 à cause de la concurrence du métro municipal, ce qui provoqua l’arrêt de la modernisation de son service de voyageurs. Ce dernier fut finalement transféré vers la route en juillet 1934 pour devenir la ligne de bus P.C., installée sur les boulevards des Maréchaux et dont les initiales signifient tout simplement « Petite Ceinture ». Seul subsista le service de voyageurs de la section Ouest entre les Batignolles et la porte d’Auteuil, qui fut partiellement intégré au RER C à la fin des années Quatre-Vingt. Un transport de marchandises subsista sur les autres sections jusqu’en 1993.

Ouvriers, employés ou commerçants rejoignant leur domicile ou leur lieu de travail, parieurs de courses hippiques fréquentant l’hippodrome de Longchamp, curieux allant visiter les Expositions Universelles ou assister aux vols des premiers avions : une foule nombreuse et variée fréquentait au début du XXe siècle le premier transport en commun ferroviaire intégralement parisien : le service de voyageurs de la Petite Ceinture ! Nous allons maintenant découvrir les gares qui furent empruntées par ces voyageurs.

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