
La station Charonne est sans doute l’une des stations de la Petite Ceinture les plus connues depuis qu’elle a été louée, au milieu des années Quatre-Vingt-Dix, successivement par la SNCF puis par RFF au café-concert-restaurant La Flèche d’Or.
Cette station fut ouverte le 14 juillet 1862 comme ses consoeurs d’Avenue de Clichy, de Belleville-Villette, de Ménilmontant et de La Rapée-Bercy, afin de permettre notamment la circulation de trains ouvriers pour desservir les usines de ces quartiers en pleine phase d’industrialisation et d’urbanisation. Les trains ouvriers étaient des trains circulant uniquement le matin et le soir pour permettre aux ouvriers d’aller travailler et de rentrer chez eux. À ces trains était associé un tarif préférentiel.
Ces stations furent les premières à être ouvertes sur la Petite Ceinture Rive Droite.
L’architecture du bâtiment voyageurs est spécifique à la Petite Ceinture Rive Droite. À cheval sur les voies, il se distingue par :
Des façades à angle droit,
Un toit de forme spécifique constituée d’« une couverture à deux pentes avec un fronton central en pénétration, au dessus de l’entrée principale », qui remonte au-dessus des portes-fenêtres des façades côté rue et côté voies, afin de pouvoir dégager le maximum de hauteur et laisser pénétrer le maximum de lumière,
De grandes baies vitrées situées au centre de chaque façade,
Une structure de façade symétrique composée d’une grande ouverture entourée de deux ouvertures plus petites,
Une porte d’entrée en forme d’anse de panier,
L’absence d’étage,
Une passerelle métallique à l’arrière du bâtiment qui permet de desservir les deux quais.
Cette architecture est commune aux stations Avenue de Saint-Ouen (comportant une variante de façade), Boulevard Ornano et La Chapelle-Saint-Denis (aujourd’hui démolie).
La Petite Ceinture comporte d’autres type de bâtiments voyageurs à cheval sur les voies, tous construits par la Compagnie de l’Ouest sur le raccordement de Courcelles, la ligne d’Auteuil et la Petite Ceinture Rive Gauche (par exemple les stations de Courcelles-Ceinture, de Montrouge et de Courcelles-Levallois.
Outre les deux voies à quai, la station Charonne comportait également une voie directe dans le sens Sud-Nord qui permettait aux trains de jonction entre les grandes gares terminus des grandes lignes de doubler les trains de voyageurs arrêtés en station . Cette voie fut mise en service en prévision du surcroît de trafic généré par la desserte de l’Exposition Universelle de 1900. [1]
Avant de devenir un café-concert-restaurant, le bâtiment voyageurs fut utilisé après la fin du service voyageurs, comme beaucoup d’anciennes stations de la Petite Ceinture, comme bureau de messageries.
Il existait également, jusqu’au début des années Quatre-Vingt, une gare marchandises de Charonne, située plus au Sud, le long du boulevard Davout, entre les rues du Volga et de Lagny. Sur le site des Archives de la Ville de Paris, il est possible de découvrir le plan des voies de cette gare à la fin du XIXe siècle.
Sur ce site, des photographies contemporaines du 20e arrondissement.
Sur le site des Archives de la Ville de Paris, le plan parcellaire du quartier de Charonne à la fin du XIXe siècle où figure la station.
Sur le site de la Bibliothèque Nationale de France, présentation des travaux de suppression des passages à niveau entre l’avenue de Clichy et la rue des Poissonniers ainsi qu’entre la rue de Bagnolet et la rue de Charenton.
[1] B. Carrière. La Saga de la Petite Ceinture, éditions de la Vie du Rail, page 88.